Tallinn → Järvakandi – 85 km
Youpi, la géographie a bien tenu ses promesses : l’Estonie est plate ! J’en viendrais presque à regretter les collines finlandaises. Non, je plaisante ! Bon malheureusement j’ai mangé du vent, mais ce n’était pas une surprise, plusieurs experts auto-proclamés (d’autres cyclistes) m’avaient prévenu : « Tu vas voir, les états baltes ça souffle pas mal en été, principalement du sud. Tu vas dans quelle direction ? Le sud ? Ah… Bah désolé, bon courage surtout ! » Beaucoup de pistes cyclables, agréable surprise, et quand il n’y en a pas, des bords de routes relativement larges. Des paysages qui ne diffèrent guère du voisin finlandais : beaucoup de forêts. Mais les cigognes sont de retour ! Et ça aussi c’est une belle surprise, je n’imaginais pas qu’elles pouvaient nicher aussi haut (d’après Wiki, c’est vraiment la limite, ce sont les moins frileuses qui poussent jusqu’ici).
Aujourd’hui j’ai fait un bon bout de route avec Martin, un cycliste allemand qui fait plus ou moins le même parcours que moi jusqu’à Varsovie, mais en nettement plus vite. Lui démarrait aujourd’hui à Tallinn, pour rejoindre Amsterdam, où il commence une année d’Erasmus en septembre. Plutôt sympa d’aller rejoindre son lieu d’études à vélo ! Martin reprend l’université un peu pour le plaisir, car il a déjà un métier assez original qui lui tient particulièrement à cœur : facteur d’orgues. Et effectivement le job a l’air passionnant. En prime ça le fait voyager un peu partout sur la planète, du moins là où il y a des orgues à construire ou réparer. Une belle rencontre ! Bonne route Martin !
Et tandis qu’il poursuivait son étape du jour, je me suis arrêté à Järvakandi, un peu au milieu de nulle part, mais idéalement placé sur la route de Riga. Je n’ai pas pour habitude de décrire mes hébergements, parce que globalement ça n’intéresse personne, mais celui d’aujourd’hui mérite quand même un petit paragraphe. J’avais pu lire que sorti des grosses agglomérations, l’anglais n’était pas si fréquent dans le coin. Je confirme. Mais jamais très grave, ça fait partie du charme du voyage, et on arrive toujours à se comprendre, au pire en sortant le smartphone. J’arrive donc. Dans un petit bar-restaurant-cinéma-night-club-hostel. On me fait comprendre que ma chambre n’est pas prête, ménage en cours, 15 minutes ! Ok, aucun problème. 45 minutes plus tard, on en est où ? 5 minutes, désolé ! Ok. 15 minutes plus tard : « On peut vous offrir un café ? » La chambre récupérée, au bout d’1h30, vient l’heure de la douche bien méritée. Froide. Euuuh, c’est normal la douche froide ? Ah oui, on n’a plus d’eau chaude, mais ça devrait revenir… Ok. Enfin je peux partir pour une mini-balade, il est déjà tard… Mince, mes lunettes, je remonte. Zut, la porte ne s’ouvre plus. On arrive à la rescousse. Visiblement, ça ne venait pas de moi. Après 1h30 d’efforts divers, les gonds finissent par être découpés à la disqueuse. Je récupère la chambre voisine. Et me contente d’une mini-mini-balade. Rien de grave, juste des souvenirs, et des histoires amusantes à raconter !

