Järvakandi → Pärnu – 60 km
Ok je retire ce que j’ai dit hier sur les belles routes et pistes cyclables. Du fait de la faible densité de population, pourquoi s’embêter à tout asphalter alors que seulement quelques personnes passeront dans le coin chaque jour ? Autant se contenter de routes de terre/graviers, amplement suffisant. En prime plus écolo ! Mais nettement moins marrant en vélo. Notamment parce qu’il faut anticiper l’arrivée des voitures (car il en passe malgré tout), se ranger sur le bas-côté pour éviter de prendre un caillou mortel, et attendre sagement que le nuage de poussière retombe. L’avantage néanmoins est que même en cas de (très) longue ligne droite, impossible de s’ennuyer : la moindre seconde d’inattention peut se solder par une chute dans un nid-de-poule ou sur un gravier traitre. Il faut donc en permanence zigzaguer tel un ivrogne en fin de soirée pour trouver les zones les plus adaptées au pédalage. Pour finir, malgré tous vos efforts, exténué et couvert de poussière. J’ai accueilli chaque retour de zone goudronnée par des hourras !
Et me voici à Pärnu, LA station balnéaire estonienne, qui accueille chaque été la majeure partie du pays, et même quelques voisins curieux. Effectivement la plage est belle, la mer est presque baignable (16°C), et l’ambiance est au rendez-vous : un parc aquatique, des dizaines de jeux pour occuper les enfants, des dizaines de bars pour occuper les adultes, et même un tournoi de beach soccer. Les jeunes estonien(ne)s semblent aimer exhiber leur torse sculpté au développé-couché ou leur fessier moulé au squat, fruits de longues heures d’entraînement à la salle de sport, pas grand-chose d’autre à faire en hiver. Comme partout ailleurs dans le monde, c’est rassurant de constater que certaines choses ne changent pas.
La ville n’a pourtant pas toujours été un aimant à touristes. Notamment parce que le concept de tourisme est nettement plus récent que Pärnu. Fondée au XIIIème siècle en tant que ville frontière, elle prospèrera en rejoignant la Hanse au siècle suivant. Elle subira des guerres, des incendies, des épidémies, et changera bien sûr plusieurs fois de propriétaires. Coup de bol, il reste quelques vestiges sympas de ce passé chargé ! La ville ne commencera à attirer du monde qu’au milieu du XIXème, d’abord pour ses bains de boue miraculeux, puis petit à petit pour sa plage. Ce sont d’ailleurs toujours les deux pôles d’attractions de la ville : les vieux aux bains, les jeunes à la plage. Et moi alors ? Je me promène, comme à mon habitude.
Et me prépare psychologiquement pour la très longue étape qui m’attend demain (ce sera un record !), en direction de la Lettonie qui n’est désormais plus très loin. Oui j’avais prévenu, ça se traverse vite un état balte ! Difficile en tout cas de faire un quelconque bilan de l’Estonie après seulement 4 jours. J’ai beaucoup aimé Tallinn ! Et les Estoniens se sont avérés être plutôt sympathiques, mais finalement comme partout où je passe depuis mars. L’avantage peut-être de se conduire en vadrouilleur et non pas en touriste…
