Nusa Lembongan
Toute quête qui se respecte doit pouvoir être menée à son terme. Sinon à quoi bon ? Ainsi, me voici à nouveau devant vous ce soir, le sourire aux lèvres : je voulais plonger avec des raies mantas ; j’ai plongé avec des raies mantas. Histoire d’être sûr de mon coup, là où la plupart des gens se contentent d’une unique immersion à Manta Point, au pied d’impressionnantes falaises battues par les déferlantes, j’ai multiplié mes chances par trois. Bien m’en a pris. Lors de la première session, il a fallu aller les chercher tout au fond. Deux ont finalement pointé le bout de leur nez. De bon augure. J’étais hypnotisé, les yeux ruisselant de larmes, quelques gouttes de plus dans un océan. Lors de la seconde session, rien, wallou, nada. Cela arrive parfois. Bien trop souvent à mon goût. Enfin, dernière chance ce matin. Les minutes passaient, et je ruminais sombrement sur ma « malédiction ». Et puis soudain, une large ombre noire dans le bleu. Puis une autre. Puis une autre. Puis une autre. Peut-être huit en tout. Voilà, la malédiction était levée. J’ai plongé avec des raies mantas.
À noter que le site de Manta Point n’a d’intérêt que pour ces magnifiques créatures. Sinon, on y croise nettement plus de plongeurs que de poissons, et la visibilité est au mieux mauvaise. Tout l’inverse de Crystal Bay (crystal come « crystal clear », vous l’avez ?), où j’ai aussi multiplié les plongées dans l’espoir de croiser l’autre animal légendaire qui hante les eaux de Nusa Penida, le mola mola. Ce sera en vain. Qu’importe, ce dernier n’était qu’une cerise sur un gâteau déjà fort appétissant.
Et sinon, ces presque deux semaines sur Nusa Lembongan sont passées à vive allure. Le temps a tendance à fortement accélérer lorsqu’il est compté. Le salop. Mais j’ai pu écrire tout mon saoul. Contempler de superbes couchers de soleil, les pieds dans le sable, un cocktail à la main. Fêter la nouvelle lune en musique, histoire de patienter jusqu’au bout de la nuit avant une humiliation en demi-finale de coupe du monde de football. Rencontrer pléthore de sympathiques français, cela ne fait pas de mal de pratiquer à nouveau la belle langue de Molière. Et puis tout de même explorer un peu les environs, limités mais charmants.
Voilà, demain je poursuis ma route presque à regret, pour toujours plus de vadrouilles, le baroud d’honneur n’est plus très loin.







































