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La guerre, c’est mal

Sokcho → Séoul – 2 h 20 de bus

Mon séjour coréen touche à sa fin, et me voici revenu dans la trépidante Séoul pour une dernière dose de K avant de m’envoler vers de nouveaux horizons.

Le cœur de la tentaculaire capitale n’est finalement qu’à une cinquantaine de kilomètres de la célèbre « DMZ », l’étroite bande de terre étroitement gardée qui coupe la péninsule en deux et qui sépare depuis 70 ans le communisme du capitalisme (ou plutôt la folie dictatoriale du consumérisme acharné). Aller y jeter un coup d’œil fait censément partie des incontournables d’un séjour en Corée, et de nombreux tours organisés y partent chaque jour, avec visite de tunnels d’invasions avortées et d’observatoires où, par beau temps, vous pouvez entrapercevoir un vrai-faux village nord-coréen. Bon.

Après mûre réflexion, j’ai décidé de ne pas m’y rendre. Si au cours de ces longues vadrouilles j’ai eu moult occasions de contempler toute la sublime folie du XXème siècle (Auschwitz et Hiroshima en tête, plus récemment Côn Dào…), c’était à chaque fois des lieux de mémoire appartenant résolument au passé, avec l’ardent espoir que de telles horreurs ne se reproduisent plus de sitôt (difficile de dire « jamais » avec Homo Sapiens). Or la DMZ est plus que jamais d’actualité, et sa disparition prochaine ne semble absolument pas envisageable. Sauf si Donald part bombarder la Corée du Nord pour sauver ses habitants, qui pourront alors renverser le régime en place, abattre cette satanée clôture et courir retrouver leurs frères du sud dans de touchantes scènes de liesse diffusées en mondovision.

Par ailleurs, il y a un petit côté « zoo humain » un peu malsain à vouloir à tout prix jeter un coup d’œil à cet étrange pays où l’on n’a officiellement droit qu’à 15 coupes de cheveux réglementaires, et où dégrader une affiche de propagande vous vaut le camp de redressement à perpétuité pour vous, vos enfants et vos petits-enfants. Pour les Coréens (du nord comme du sud), venir se lamenter sur la terrible perte de leurs compatriotes, à la fois si proches et si inaccessibles, est un devoir de mémoire. Pour le touriste que je suis, je n’en vois tout simplement pas le sens. En plus, on ne peut même pas prendre de photos, alors à quoi bon…

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