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Confucius, mais qui es-tu donc ?

Hahoe → Andong – 45 min de bus de ville

J’ai à maintes reprises évoqué le confucianisme, voire le néo-confucianisme, qui fut notamment en Corée une véritable religion d’état à partir de la dynastie Joseon. D’ailleurs Hahoe, mon charmant village de la veille, fut érigé selon ces principes, sa localisation des plus harmonieuses n’étant absolument pas un hasard. Et Andong, la ville voisine, fut pendant longtemps le siège de nombreuses académies confucéennes. Mais alors qui était ce fameux Confucius à l’origine de tout cela ?

Kong Qiu, alias Maître Kong, alias Kong-ja en coréen, alias Confucius en latin, est un philosophe chinois né en 551 avant J.-C., et mort 71 ans plus tard. Il va passer l’essentiel de son existence à lire, à écrire et à enseigner (un peu à voyager aussi), et il aura a posteriori la même influence dans l’est de l’Asie que, par exemple, Jésus en Occident. À ceci près que moins de massacres seront commis en son nom. Mais passons.

La vie de Confucius n’est pas vraiment émaillée de miracles, si ce n’est tout de même que deux dragons se sont posés sur le toit de sa maison la nuit de sa naissance. Le grand sage vient d’une éminente lignée de militaires, mais, ado rebelle, il décidera de ne pas suivre la carrière familiale. Il assurera sa descendance avec un fils et deux filles. D’ailleurs pour la petite anecdote, les filiations de père en fils ont toutes été dûment consignées, et, 83 générations plus tard, 2 millions de descendants de Confucius sont connus et enregistrés. Ça doit être sympa les repas de famille…

Il m’est bien sûr difficile de résumer sa complexe pensée en quelques lignes, mais l’harmonie des relations humaines est au centre de ses réflexions. Il dit par exemple ceci : « Les hommes qui voulaient organiser l’État réglaient d’abord leur cercle familial ; ceux qui voulaient régler leur cercle familial visaient d’abord à développer leur propre personnalité ; ceux qui voulaient développer leur propre personnalité rendaient d’abord leur cœur noble ; ceux qui voulaient ennoblir leur cœur rendaient d’abord leur pensée digne de foi ; ceux qui voulaient rendre leur pensée digne de foi perfectionnaient d’abord leur savoir. »

Quelques concepts qui lui tenaient à cœur : ren, amour, respect et compassion envers autrui ; li, respect des rites, traditions et normes sociales ; xiao, loyauté et respect envers la famille et les aînés ; yi, agir avec justice et intégrité dans les relations humaines. Bon, concrètement ça veut notamment dire que si tu es un fils tu te soumets à ton père ; si tu es une femme tu te soumets à ton mari ; si tu es un sujet tu te soumets à ton roi. Et surtout tu ne fais pas de vagues, jamais. C’est mine de rien ce qui a assuré pendant des siècles la pérennité des sociétés chinoises, coréennes et japonaises.

Aujourd’hui, on considère tout de même qu’un certain nombre de préceptes confucéens ne collent plus tout à fait à notre société moderne. Après 2500 ans, ce n’est pas si déconnant…

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