Gyeongju → Hahoe – 1 h 30 de bus
J’ai plongé 1500 ans en arrière en me baladant autour des tumulus antiques de Gyeongju. Ici, dans le petit village de Hahoe, je me contente d’un modeste 200 ans, mais la plongée est nettement plus immersive. Imaginez plutôt.
Une bande de vertes montagnes comme la Corée sait si bien les faire, histoire de pimenter le paysage. À leurs pieds, la lascive rivière Nakdong, toute en méandres, qui fait ici un parfait demi-tour. Et nichés dans cette courbe délicate, Hahoe, plus des rizières bien sûr, indispensables, il faut bien nourrir les gens. Le village a été fondé il y a 500 ans, mais la plupart des maisons n’ont pas plus de 200-300 ans, ce qui est déjà pas mal. On trouve globalement deux types de demeures : les hanok (maisons des maîtres), murs en torchis et toits de tuiles ; et les maisons des gueux, murs en pisé et toits de chaume. La distinction gueux / maîtres n’étant plus vraiment d’actualité, aujourd’hui c’est plutôt selon le goût de chacun. Entre les maisons, des rues en terre battue. Quelques très rares voitures. Et un goût prononcé pour les masques, avec spectacle à la clé. Voilà, c’est tout.
Alors ce n’est pas mon premier village « traditionnel », puisqu’on en trouve un peu partout en Corée, notamment au milieu des immeubles des grandes villes. Mais la plupart sont purement artificiels, et mis en scène pour le plaisir des touristes. Hahoe est un « vrai » village (même si touristique), avec toujours des gens qui y vivent, qui cultivent les rizières, et qui tiennent des maisons d’hôtes, parce que ça rapporte plus que le riz. C’est dans une de celles-ci que je dors ce soir, sur un futon à même le plancher, entouré de cloisons en papier. Bon, ce n’est pas parce que les gens vivent dans des demeures traditionnelles qu’ils ont renoncé à tout le confort moderne : j’ai une tv satellite, la wifi, la climatisation, et même des toilettes japonaises dans la « cabane au fond du jardin ». Étonnant contraste.
Un parfait remède pour des citadins coréens stressés qui, il y a encore deux-trois générations, vivaient tous dans ce genre de petit village, désormais en voie de disparition. En ce qui me concerne, eh bien l’expérience est intéressante, à défaut d’être inédite, car après tout j’ai aussi grandi au bord d’une rivière, entouré de montagnes, avec des prés à vaches à la place des rizières. Si j’avais certes un matelas posé sur un sommier, dormir sur un futon est nettement plus confortable qu’on ne l’imagine. Quant à écrire cet article sur une confortable terrasse en bois, au son des grenouilles et des grillons, c’est des plus plaisant.

























