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Sous les projecteurs

Gyeongju

C’est sympa d’explorer des lieux méconnus, mais ça ne fait pas de mal d’aller aussi du côté des « incontournables », pour la bonne et simple raison que s’ils sont touristiques, c’est qu’ils valent (souvent) le détour. Est-ce le cas de Gyeongju (Gui-ongue-djou) ?

Affectueusement surnommée « le musée sans mur », la ville fut l’opulente capitale du puissant royaume de Silla pendant près d’un millénaire, avant de disparaître dans les limbes de l’histoire au cours du Xème siècle. La ville n’a jamais été abandonnée je précise, mais elle a perdu de sa superbe, et a été bien sûr consciencieusement rasée par les différents envahisseurs de la Corée. Du moins, ils ont rasé les temples et les palais, mais s’il y a bien un truc qu’ils n’ont pas pu détruire, ce sont les immenses tumulus des anciens rois et reines de Silla (voire de certains puissants nobles) qui parsèment la ville, bâtis pour la plupart entre le IVème et le VIème siècle (ils sont ensuite passés à des rites funéraires un peu moins flamboyants sous l’influence du bouddhisme). Peut-être que les envahisseurs n’ont vu là que de simples collines un peu trop parfaites, recouvertes (j’imagine) d’une dense végétation ? Toujours est-il qu’aujourd’hui, il est particulièrement plaisant de déambuler parmi ces gigantesques tombeaux manucurés qui dominent le paysage. Un décret a d’ailleurs interdit la construction d’immeubles à Gyeongju afin de préserver l’harmonie des lieux. Et autant vous dire qu’une ville coréenne sans immeubles à perte de vue, ça ne court pas vraiment les rues…

Outre les tumulus, parmi les rares vestiges encore debout, l’un d’entre eux ne paye pas forcément de mine, mais il possède pourtant une grande importance archéologique : un petit observatoire astronomique du VIIème siècle, le plus vieux de cette région du monde. Un peu plus près des étoiles… Non, ne me remerciez pas.

Il n’y a pas non plus que des ruines, puisque les Coréens n’hésitent pas à rebâtir à l’identique : non loin de la ville on trouve censément le « plus beau temple du pays », Bulguksa ; accompagné d’une petite grotte perchée dans la montagne, Seokguram, qui contient le « summum de l’art coréen ». Bon. Le temple est effectivement sympa, mais définitivement victime de son succès ; j’ai toujours un peu de mal à apprécier la beauté et la sérénité au milieu d’une foule. Pour ce qui est de la grotte en revanche, je m’incline : elle contient une sublime statue de Bouddha (photos interdites, si vous voulez la voir, faudra y aller) qui vaut amplement l’heure de grimpette nécessaire pour la rejoindre. Oui, vous pouvez aussi y aller en voiture, mais je suis sûr qu’ainsi on ne l’apprécie pas autant !

Et donc, Gyeongju, on valide ? Eh bien oui, touristique certes, mais loin d’être désagréable pour autant. Parfois, on peut aussi se contenter de suivre Insta.

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