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Abondance

… → Bangkok → Hô Chi Minh-City – 1 h 30 de vol

J’ai rendez-vous à Beijing (Pékin) le 11 avril. Et je pensais rester gentiment au Sri Lanka jusque-là. Mais le voyageur occidental a beau être en possession de puissants passeports lui ouvrant les portes de la plupart des pays du monde, il n’en reste pas moins régulièrement soumis à des problématiques de visas, qui peuvent devenir parfois de véritables mines d’or pour certains gouvernements avides. Ainsi le Sri Lanka : 50 dollars pour s’y balader 30 jours ; 100 de plus pour un mois supplémentaire ; et encore 150 pour une nouvelle extension. Il ne faut pas pousser mémé. Après donc deux mois à arpenter la « Perle de l’Océan Indien », j’ai décidé d’aller voir ailleurs pour les deux grosses semaines qu’il me restait avant la Chine.

Où donc aller ? L’idée étant aussi tout de même de limiter mes trajets en avion… À part peut-être le Bhoutan (financièrement inabordable) et la Corée du Sud (pas trop la bonne saison), difficile de trouver de l’inédit dans la région. Alors tiens, pourquoi ne pas retourner dans un pays qui m’avait beaucoup plu lors de ma première découverte de l’Asie il y a 12 ans, histoire de voir dans quelle mesure il a changé ? J’ai nommé le Viêt Nam. Et quoi de mieux pour voir ces changements que la bouillonnante métropole qu’est Hô Chi Minh-City (anciennement Saïgon), 14 millions d’âmes, capitale économique d’un pays en plein boom.

Petit rappel historique : le Viêt Nam est un pays communiste, dirigé d’une main de fer par le parti à la faucille et au marteau depuis 1975, date marquant la fin d’une longue guerre civile et la plaisante déroute des belliqueux Étatsuniens. Or la puissante propagande de ces derniers fait que l’on assimile généralement le communisme à d’immenses boulevards vides bordés d’immeubles austères, et à de longues files de citoyens émaciés devant les rares boutiques d’état. Alors certes, de larges affiches à l’étrange iconographie désuète des années 70 sont toujours placardées à chaque coin de rue. Certes, des portraits géants d’Hô Chi Minh ornent encore les bâtiments officiels. Et en effet, les immenses boulevards sont légions. Mais ils sont loin, très loin d’être vides. Car s’il y a bien un terme pour caractériser la métropole, ce serait : abondance.

De scooters, par millions, garnissant aussi bien la chaussée que les trottoirs (d’ailleurs la moindre intersection peut se révéler être un piège temporel pour les timides Occidentaux que nous sommes : si vous attendez une pause dans le trafic pour traverser, vous êtes foutus. Non, il faut y aller, lentement mais résolument. En théorie on vous évitera…). De biens, sur les étals des nombreux marchés, Ben Tanh et Binh Tay en tête. De fils électriques coiffant chaque poteau, presque des œuvres d’art. De café, dégusté de préférence glacé, en terrasse, sur une chaise longue, à regarder le monde tourner. De restaurants, du plus humble au plus chic, une vie entière ne suffirait probablement pas à tous les essayer. D’éclats de voix et de rires, les Vietnamiens sont gouailleurs et s’expriment haut et fort.

Visiter Hô Chi Minh-City, c’est finalement plonger tête la première dans un véritable tourbillon, une véritable saturation des sens. Le mieux est de ne pas résister et de suivre le courant. Vous devriez en ressortir lessivés, mais heureux.

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