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Colombo → Bangkok → … – 3 h 30 de vol

Record battu ! Je suis resté 60 jours tout rond au Sri Lanka. Alors certes, c’est moins que Maurice, où j’ai passé presque un an entre 2009 et 2010 ; ou encore que l’Australie, 65 jours en 2014 (et deux semaines de plus cette année). Mais en ce qui concerne Vadrouilles, c’est bien un record. J’avais initialement dans l’idée de répéter le scénario fidjien : me trouver un p’tit coin de Paradis, et m’atteler à l’écriture de la deuxième partie de mon roman. Sauf qu’il s’est avéré que l’on ne déniche pas si facilement un second Wayalailai. J’aurais un peu dû m’en douter. Mon roman n’a donc progressé qu’à la marge. En revanche, j’ai copieusement arpenté un pays où, malgré une taille somme toute réduite, il est facile de s’éterniser.

Quatorze étapes sur ce périple sri-lankais, des plages cinghalaises du sud aux plages tamoules du nord, en passant par la zone montagneuse du centre-sud et le « triangle culturel » du centre-nord. Plus Colombo, un peu à part. Il n’y a finalement guère que la côte est où je n’ai pas mis les pieds, la météo n’y étant pas spécialement propice en cette saison (plus favorable en été, quand le reste du pays est sous la flotte, pratique, il y a toujours au moins un coin de ciel bleu au Sri Lanka). Bon, on ne va pas se mentir, ces deux mois étaient plutôt cool. Sinon j’aurais plié bagages bien avant…

On peut éventuellement commencer par ce qui fâche, car nul pays ne saurait se targuer d’être parfait. Les fonds marins sont corrects, mais pas exceptionnels. Et l’océan n’est d’ailleurs pas plus propice que ça à la simple baignade… Les Sri-lankais ignorent superbement le concept de file d’attente, il faut régulièrement jouer des coudes. Sur la route, plus on est gros, plus on est prioritaire ; le piéton doit en conséquence serrer les fesses. Les tuk-tuks sont pénibles, mais ça, j’ai envie de dire que c’est partout où il y a des tuk-tuks. Les chiens errants sont particulièrement nombreux, tristement faméliques, et incroyablement bruyants la nuit. Et enfin, l’île toute entière donne parfois l’impression de n’être qu’une gigantesque décharge (notamment de plastique). Ce n’est malheureusement pas le seul pays dans ce cas, et à force on arrive (presque) à faire abstraction, mais tout de même, c’est d’une tristesse sans nom.

Cela étant dit, rassurez-vous, le Sri Lanka mérite absolument votre visite. De part son incroyable diversité tout d’abord. Peu de pays peuvent se targuer d’avoir autant à offrir sur un si petit territoire (bon cela étant dit, vu la faible vélocité des transports, on a finalement l’impression de parcourir d’énormes distances). Géographiquement, on passe des plages de rêve aux montagnes acérées, de la jungle impénétrable aux plantations de thé parfaitement ordonnées, des vertes rizières aux déserts côtiers. Culturellement, rien moins que deux peuples et quatre religions se partagent le territoire ; et toutes les périodes de la riche histoire du pays sont toujours observables, des stupas plurimillénaires d’Anuradhapura aux gratte-ciels de Colombo. Malgré une importante pression humaine, la faune sauvage est encore assez bien représentée, grâce à un conséquent maillage de parcs nationaux, plutôt rare en Asie. Côté humain, on m’avait vendu avant de venir une « Inde à la cool ». Il y a de ça effectivement : on retrouve ici la formidable chaleur de l’accueil et la curiosité pour l’étranger, sans l’oppression quasi constante que j’avais pu ressentir en Inde, ouf. Côté cuisine, si vous aimez les épices, vous serez à la fête. La diversité n’atteint pas des sommets, mais j’ai globalement passé deux mois à me régaler, notamment avec les copieux petits déjeuners préparés par mes hôtes. Enfin, pour ne rien gâcher, le pays reste excessivement abordable pour nos bourses occidentales. Même s’il est tout à fait possible de dépenser des millions de roupies dans des hôtels de luxe si le cœur vous en dit.

Après le puissant ouragan qui avait dévasté le pays en novembre, je m’étais dit tant pis, je n’irai pas au Sri Lanka cette fois-ci. Et puis après avoir lu deux mois plus tard que finalement, la dévastation n’était déjà plus qu’un lointain souvenir, je m’étais motivé. Grand bien m’en a pris. Après 2 000 ans d’une Histoire jonchée de constantes tragédies, les Sri-lankais n’allaient certainement pas se laisser abattre par une petite brise. La résilience n’est pas un vain mot ici. Car les choses évoluent vite au sein de ce continent devenu la nouvelle locomotive du monde. C’est sans doute le meilleur moment pour aller faire un tour sur cette île bénie (ou maudite) par de nombreux dieux. Le sur-tourisme est certes déjà en train de dénaturer certaines zones, mais n’hésitez pas à faire quelques kilomètres de plus pour vous retrouver dans un Sri Lanka authentique et bienveillant. Pourvu que ça dure.

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