Kalpitiya → Colombo – 1 h, puis 4 h de bus
À l’issue d’une jolie boucle à travers une grande partie du Sri Lanka, me voici revenu à Colombo, mon point de départ (si on veut chipoter, mon vrai point de départ est bien sûr l’aéroport international, à une trentaine de kilomètres au nord de la métropole). La plupart des visiteurs étrangers ne mettent pas les pieds ici : chaotique, grouillante, étouffante, polluée, et dépourvue de sites touristiques majeurs, la capitale économique ne fait effectivement pas rêver de prime abord. C’est néanmoins la seule grosse ville du pays, et près d’un Sri-lankais sur quatre réside dans cette vaste agglomération, qui offre un contraste saisissant avec le reste de l’île. Je ne pouvais décemment pas faire l’impasse dessus. Même si trois jours sont suffisants…
Il s’avère que somme toute, on est bien loin du cauchemar appréhendé. Cela dit, qui a survécu à Delhi devrait aisément s’en sortir à Colombo. Déjà, il y a des trottoirs. Pour le marcheur impénitent que je suis, c’est un gros plus. Alors il faut prendre son courage à deux mains à chaque intersection, mais avec une petite dose de chance, la survie est pratiquement assurée. Bien sûr on ne trouve pas ici de plages paradisiaques, de plantations de thé brumeuses ou de stupas millénaires. Mais on s’amuse de l’impressionnant contraste entre une modernité clinquante et branchée d’une part, avec tours élancées et centres commerciaux géants délicieusement climatisés aux boutiques de luxe désespérément vides. Et la « vraie Colombo » de l’autre, où tuk-tuks et bus colorés antédiluviens vrombissent joyeusement au milieu d’une foule bigarrée ; où à Pettah, de minuscules échoppes, spécialisées qui dans le rétroviseur, qui dans la coque de téléphone, alternent avec des pagodes / temples / églises / mosquées de quartiers ; où corbeaux, hérons, rats et chats errants furètent les nombreux tas d’immondices à peine dissimulés aux regards ; où les pélicans nichent au sommet de gigantesques banians, peignant le noir macadam de blanc ; où les enfants agitent leurs cerfs-volants sur la vaste esplanade de Galle Face au coucher du soleil…
À l’instar de l’ensemble des métropoles du continent asiatique, Colombo semble évoluer à vue d’œil, quitte à laisser sur le carreau ceux qui ne suivent pas le rythme imposé. L’ancien monde y côtoie dans une étonnante harmonie le nouveau, qui prend néanmoins chaque jour plus d’importance. Espérons simplement qu’à la fin, il ne reste pas que des malls aseptisés.



































