Kalpitiya
J’avais dans l’idée de démarrer mon séjour sri-lankais à Kalpitiya, puis de parcourir l’île en sens horaire. Mais pour diverses raisons, je me suis finalement retrouvé à voyager en sens trigo, et donc à terminer mon séjour ici (enfin presque, j’ai encore quelques jours prévus à Colombo avant de reprendre l’avion). Je ne suis pas mécontent de ce choix. Car malgré toutes les qualités des nombreuses stations balnéaires du sud, à mon sens Kalpitiya leur tient la dragée haute.
De Puttalam, il faut remonter une cinquantaine de kilomètres le long d’une étroite péninsule sableuse avant d’atteindre ce bout du monde balayé par les vents. Ce sont d’ailleurs eux qui ont les premiers fait la réputation des lieux : d’avril à octobre, leur parfaite régularité ainsi que d’immenses lagons placides attirent des milliers de kitesurfeurs du monde entier, débutants comme professionnels. Le reste de l’année, c’est un peu moins régulier, ce qui permet aux plongeurs de prendre le relais, ainsi qu’aux amateurs de mammifères marins migrateurs, qui pullulent dans ces eaux poissonneuses.
Si vous aimez les dauphins (et qui n’aime pas les dauphins ?), il est possible de croiser ici la route de bancs de plusieurs centaines d’individus chassant et jouant de concert (souvent des dauphins à long bec). Un rare spectacle, absolument inoubliable. Quant aux plongées, si bien sûr elles ne rivalisent pas avec la Polynésie ou l’Indonésie, elles sont sans doute ce qui se fait de mieux au Sri Lanka : seulement deux centres se partagent l’immensité de l’océan ; sous l’eau, ce sera donc juste votre (petite) palanquée et une belle diversité de poissons, reptiles, mollusques et céphalopodes.
Côté terre, la vie suit son cours en toute simplicité, loin de l’agitation de ces drôles d’étrangers fascinés par le vent. Alternance de salines et de plantations de cocotiers, squattées par quelques troupeaux qui semblent aller où bon leur semble. Ici les temples sont rares, et la campagne est surtout émaillée d’églises et de mosquées, toutes délicieusement colorées. À explorer idéalement à vélo ou en scooter.
La difficulté actuelle avec le scooter, c’est l’essence, qui commence à cruellement manquer dans le coin à cause de la guerre des deux fachos. La tension est palpable dans les stations services, où il faut désormais un QR code pour s’approvisionner, afin de limiter la gourmandise de certains nababs qui se sont empressés de vider les réserves du pays pour leur usage personnel. La situation devient d’ailleurs aussi critique pour ceux qui dépendent des touristes pour vivre : j’ai passé cette semaine plus ou moins seul dans mon auberge, et elles sont toutes à l’avenant. Alors que les séquelles du COVID se font toujours sentir, le Sri Lanka est à nouveau mis à mal, cette fois à cause de l’hubris. Prions pour que ce monde retrouve un peu de raison…































