Kalpitiya
Je suis revenu en terre cinghalaise, même si la péninsule de Kalpitiya fait plutôt dans le multi-culturalisme (une notion qui a de plus en plus de mal à faire des émules de nos jours). Or je vous parle de bouddhisme depuis mon arrivée au Sri Lanka, mais je me dis qu’il ne serait peut-être pas inintéressant d’expliciter un peu plus cette religion qui revendique environ 500 millions d’adhérents. Même si en quelques lignes ce sera compliqué.
C’est quoi l’origine du truc ? C’est durant le VIème siècle avant notre ère que le prince indien Siddharta Gautama, en atteignant « l’éveil » après avoir longuement médité sous un Ficus religiosa à Bodhgaya, devint le premier Bouddha (littéralement, « l’Éveillé ») et commença à répandre ses sages paroles à travers toute l’Asie.
Philosophie ou religion ? Un peu des deux mon capitaine. À l’origine, sans doute plutôt uniquement philosophie. Sauf qu’on ne sait finalement pas grand-chose du début du bouddhisme à travers le monde, étant donné que les premiers écrits sur la vie et les enseignements du Bouddha ne datent que du Ier siècle avant notre ère. Et en 500 ans, bon, vous savez comment ça se passe, les choses ont le temps d’évoluer… Toujours est-il qu’aujourd’hui, Bouddha est souvent vénéré comme un Dieu, et de nombreux rituels (prières, offrandes…) émaillent son culte.
Un ou des bouddhismes ? Les grandes religions se font un devoir de posséder plusieurs branches, bien pratique pour pouvoir se mettre sur la tronche en interne quand on ne massacre pas les fidèles des autres religions. Le bouddhisme ne fait pas exception, avec deux branches principales que sont le Theravāda (présent au Sri-Lanka et en Asie du sud-est) et le Mahāyāna (présent en Chine, au Japon et en Corée). La première mise sur la vie monastique et la méditation pour atteindre l’éveil individuel, la seconde prône plus un éveil collectif moins élitiste.
Quels sont les principes de base ? Pratique, le Bouddha a défini « quatre nobles vérités » à la base de son enseignement : dukkha, la souffrance est inhérente à l’existence ; taṇhā, cette souffrance est globalement causée par le désir et l’attachement aux choses impermanentes ; nirodha, coup de bol, il est techniquement possible de mettre fin à cette souffrance ; enfin magga (rien à voir avec le mouvement politique des décérébrés étasuniens), le « noble sentier octuple » qui mène à la cessation de la souffrance. Huit branches à ce sentier donc : la vision juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste. Si vous les suivez toutes simultanément, après de nombreux efforts et un peu de chance, vous devriez être en mesure d’atteindre le but ultime, le nirvāna. Oui on est d’accord, c’est quand même ‘achement plus simple de rentrer au Paradis…
Et quoi d’autre ? Bien d’autres choses évidemment, car comme toute religion qui se respecte, il y a plusieurs niveaux de lecture, histoire de satisfaire fidèles novices et moines vétérans. La méditation occupe un aspect central de l’enseignement. La responsabilité individuelle est nettement plus valorisée que la foi en une divinité créatrice. Sont encouragées la paix intérieure, la connaissance de soi et la compassion envers autrui.
La religion parfaite ? Sur le papier évidemment, tout baigne : amour, introspection, tolérance… En pratique, l’homme étant ce qu’il est, les bouddhistes, tout comme les fidèles de toutes les autres religions, n’ont pas hésité à massacrer leurs congénères humains au nom de leur foi (avec des exemples récents au Sri Lanka ou au Myanmar). Bien sûr, un simple prétexte à des désirs de puissance, d’influence, d’argent… Au moins, le bouddhisme a parfaitement raison sur un point : la souffrance est inhérente à l’existence de la plupart d’entre nous.

















