Menu Fermer

Loin des touristes

Anuradhapura → Mannar – 1 h, puis 1 h 45 de bus

Une exploration du Sri Lanka ne saurait être complète sans un petit détour en terre tamoule. Le nord de l’île n’est accessible aux touristes que depuis une quinzaine d’années (la fin de la guerre civile), et pour le moment est encore loin d’attirer les foules. Ce dont je ne me plains pas évidemment, car dans certains coins, le pays est malheureusement en train de sacrifier son authenticité sur le sacro-saint autel du profit. Bon, même si depuis une dizaine de jours et l’intervention militaire hasardeuse de deux psychopathes pyromanes au Moyen-Orient, le tourisme a connu une baisse brutale et conséquente, de nombreux vols depuis l’Europe passant par Dubaï et consort.

Deux sites drainent l’essentiel des voyageurs qui s’aventurent dans le lointain nord du Sri Lanka : Jaffna, la capitale historique des Tamouls, ainsi que les îlots sauvages environnants ; et la vaste île de Mannar, toute proche de l’Inde, dont elle n’est séparée que par l’étroit « pont d’Adam ». J’ai fait l’impasse sur Jaffna, finalement peu emballé par ce qu’elle avait à proposer (globalement, qu’elles soient cinghalaises ou tamoules, les villes sri-lankaises ne déchaînent pas les passions). Et j’ai donc opté pour Mannar, qui paraissait plus plaisante. Après quatre jours à arpenter l’île et ses environs, à pied ou en scooter, c’est sans regret.

Alors évidemment, on n’est pas ici en présence de vastes ruines plurimillénaires, de spectaculaires plantations de thé ou de plages paradisiaques. Les paysages font plutôt penser à ceux de la côte du Roussillon, plus secs, plus désolés, entrecoupés de nombreux étangs et réservoirs, qui attirent les oiseaux par milliers (et les ornithologues amateurs qui vont de pair). La région est propice à l’exploration, et récompense les curieux : ici les tombes d’Adam et Eve (12 m de long, ça a dû surprendre les locaux quand ils ont débarqué dans le coin), là un phare photogénique qui éclairait les ferrys faisant la liaison avec l’Inde (liaison arrêtée depuis belle lurette), le plus gros baobab du Sri Lanka (plus large que haut), les ruines de la résidence du premier gouverneur anglais du pays (dans un étonnant style dorique), de nombreuses églises colorées (et pleines de fidèles), ou encore un vaste temple hindou qu’il convient de visiter pieds et torse nus, un sarong noué autour de la taille. Le tout sublimé par des locaux on ne peut plus souriants et accueillants, rigolant à nos tentatives maladroites de prononcer quelques mots de tamoul. Et partout, de mignons petits ânes féraux qui n’hésitent pas à traverser bravement juste sous nos roues. Comme pour mieux nous inviter à prendre notre temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *