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Très vieilles pierres

Anuradhapura

Colombo, Kandy, Polonnaruwa, Anuradhapura. Au Sri Lanka, voyager vers le nord, c’est reculer dans le temps. Car c’est en -437 qu’Anuradhapura aurait été officiellement fondée pour devenir la toute première capitale cinghalaise de l’île (même si on suspecte la région d’avoir été occupée bien avant cela). Elle le restera jusqu’à être rasée par les Cholas en 993 (Cholas qui partirent ensuite s’installer à Polonnaruwa, mais vous connaissez déjà l’histoire…). Presque 1500 ans au top donc. Ça en impose.

Évidemment, en 1500 ans on a le temps de construire un paquet d’édifices prodigieux. Certains s’en sont bien sortis. D’autres nettement moins. Ce sont les stupas qui ont le mieux résisté au passage des millénaires. Des stupas absolument gigantesques. Par exemple, lorsque la dagoba de Jetavanarama a été construite par le roi Mahasena il y a près de 2300 ans, c’était le troisième plus grand monument du monde (120 m de haut), juste derrière les pyramides de Khéops et de Képhren. Un sacré gros tas de briques donc (qui depuis a perdu 40 m). Des briques en quantité suffisante a priori pour relier Londres et Édimbourg par un mur de 3 m de haut. Ne me demandez pas qui s’est amusé à calculer ça… Ce qui est particulièrement sympa ici, c’est que la plupart de ces anciens monuments sont toujours vénérés, et que de nombreux pèlerins viennent continuellement y faire leurs dévotions, notamment auprès de Ruwanwelisaya (une stupa un peu plus récente, qui n’a que 2150 ans, une jeunette).

Mais le site sans doute le plus sacré aux yeux des Cinghalais, c’est le Jaya Sri Maha Bodhi, un Ficus religiosa bouturé à partir de l’arbre sous lequel Siddhartha Gautama (alias Bouddha) a atteint l’illumination (l’arbre originel a disparu depuis belle lurette). Il a été apporté en cadeau en -236, et avec donc plus de 2250 ans au compteur, c’est officiellement le plus vieil arbre au monde planté par l’homme. Un vénérable grand-père (ou grand-mère) qui n’a pas l’intention de nous abandonner tout de suite. La foi qui l’entoure est presque tangible, les lieux débordent d’une énergie incroyable (à mettre les larmes aux yeux). Elle doit aider tout autant que les nombreux tuteurs à soutenir les branches fatiguées.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, on trouve à quelques kilomètres d’Anuradhapura la belle colline de Mihintale, qui vit naître le bouddhisme sri-lankais. C’est supposément en ces lieux que le moine Mahinda rencontra opportunément le roi Devanampiyatissa, qu’il réussit à convertir à sa religion en une unique conversation probablement fort intéressante. Outre les beaux vestiges que l’on trouve aujourd’hui sur cette colline, c’est surtout l’occasion de prendre un peu de hauteur dans une région par ailleurs extrêmement plate. Très populaire au coucher du soleil…

Et voilà de quoi terminer en beauté le « triangle culturel » du Sri Lanka, qui s’est agréablement avéré être à la hauteur des attentes. Plus qu’à retourner au bord de l’eau.

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