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Un peu d’histoire sri lankaise – fin

Kandy → Sigiriya – 2 h de minibus, puis 1 h (très pénible) de bus

Je n’en avais pas tout à fait terminé avec l’histoire plurimillénaire du Sri Lanka. Rappelez-vous, nous sommes au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’île s’appelle encore Ceylan, et les Britanniques viennent bon gré mal gré d’accepter de lui lâcher la grappe. Enfin presque. Car pendant encore une vingtaine d’années, le pays reste ce qu’on appelle un « dominion », c’est à dire qu’il a encore besoin de l’aval du seigneur et maître anglais sur quelques sujets sensibles, comme la politique étrangère.

Mais en 72, ça y est, Ceylan devient le Sri Lanka, change de drapeau et de capitale (oui vous ne le saviez sans doute pas, mais en fait c’est Kotte la capitale, dans la proche banlieue de Colombo en l’occurrence), et se libère complètement du joug colonial. Pour mieux retomber dans la guerre civile, ça faisait longtemps. Car le gouvernement cinghalais alors en place fait tout pour discriminer la minorité tamoule. Par exemple le bouddhisme devient la seule religion d’état officielle… Si les tamouls manifestent d’abord pacifiquement, ils finissent par prendre les armes en 83 : les fameux Tigres tamouls.

Alors tandis que des touristes toujours plus nombreux se prélassent sur les plages du sud, le conflit fait rage dans le nord de l’île, avec au moins 100 000 morts et 150 000 « disparus » (le gouvernement n’a toujours pas apporté de réponse satisfaisante sur leur sort). En 2009, c’est finalement le président Rajapakse, élu sur un programme ultra-sécuritaire, qui va mettre fin officiellement à la guerre : après quelques massacres faisant des dizaines de milliers de victimes (souvent civiles) et la mort du leader tamoul, les armes finissent par se taire.

Le président, fort de son succès, en profite pour diriger le pays d’une main de fer jusqu’à 2022 (en alternance avec son frangin). La situation s’améliore-t-elle pour les tamouls ? Absolument pas, c’est même pire… Oui on est loin du gentil bouddhiste méditant pacifiquement sous son arbre. Mais ces toutes dernières années, les choses semblent devoir peut-être (enfin) bouger. Englués dans une profonde crise économique, fatigués par la corruption et le népotisme, les Sri-lankais se révoltent, chassent les deux frangins Rajapakse du pouvoir, et renouent avec la démocratie. L’actuel président, marxiste (oui oui), n’a pas complètement les coudées franches, mais multiplie les mesures contre l’oligarchie ainsi que les gestes d’ouverture envers les tamouls. De bon augure.

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