Mindo → Otavalo – 2 x 2 h de bus
Cantuña, un célèbre maître d’œuvre indien de l’époque coloniale, accepta de construire l’atrium de l’église San Francisco de Quito en 6 mois en échange d’un beau pactole, une gageure. Mais l’artisan se rendit vite compte que l’affaire était très mal embarquée. Alors de désespoir, il se résolut à vendre son âme au Diable contre des travaux terminés à temps. Sitôt le pacte scellé, de nombreux petits démons apparurent, et se mirent à travailler sur le chantier chaque nuit. Je parie qu’ils ne portaient même pas de casques… Toujours est-il que désormais les délais risquaient fort d’être tenus ! Mais le matois Cantuña, pas vraiment pressé de céder son âme, décida de tromper le Diable en cachant l’une des pierres de la construction. Eh bien croyez-le ou non, ça a fonctionné ! Lorsque Lucifer vint réclamer son dû, Cantuña lui montra l’œuvre incomplète, et le Seigneur des Enfers fut bien obligé de repartir les mains vides, un peu colère forcément… L’artisan n’eut plus qu’à replacer la pierre manquante, puis à empocher le pactole promis. Et c’est depuis ce jour que les artisans ne finissent jamais dans les délais, car ils savent bien que le Diable ne se fera pas avoir deux fois !
Le démon Iwia avait l’habitude de se repaître des membres du peuple Shuar. Un jour, alors qu’il venait de massacrer un jeune couple, il lui prit l’envie d’enlever et élever leur bébé, Etsa. Quelle idée ? Et quid du lait maternel ? Mais passons… Iwia se fit passer pour son père, et lorsque Etsa commença à grandir, le démon l’envoya quotidiennement chasser dans la jungle, avec notamment pour consigne de trouver au moins un oiseau pour son dessert ! Sauf que les années passant, les oiseaux commencèrent à se raréfier, et vint le jour où Etsa ne put plus trouver qu’un pigeon solitaire nommé Yápankam. Celui-ci commença à expliquer au jeune homme la nature démoniaque d’Iwia. Bien sûr au début le chasseur ne le crut pas, car qui croit ce que raconte un pigeon menacé d’une flèche ? Mais à mesure que Yápankam entrait dans les détails, notamment sur la mort de ses parents, Etsa finit par réaliser la supercherie d’Iwia, et fondit en larmes. Le pigeon, ému, lui dit qu’il était malheureusement impossible de ramener ses parents, mais qu’en revanche il était possible de peupler à nouveau la forêt de magnifiques oiseaux. Il suffisait pour cela de récupérer toutes les plumes des volatiles chassés, de les insérer dans la sarbacane, et de souffler le plus fort possible. Ce que fit Etsa, qui se rendit compte qu’à mesure qu’il soufflait, de superbes oiseaux multicolores émergeaient de la sarbacane, s’en retournant peupler la jungle désertée. Depuis ce jour, la forêt résonne à nouveau de chants, et Etsa est devenu le plus farouche ennemi d’Iwia !










Malheureusement ce n’est pas si simple.
Parce qu’on n’a pas encore trouvé la bonne sarbacane !
La première histoire est connue sous de nombreuses versions dans toute l’Europe, mais la deuxième est sûrement bien plus locale.
La première a sans doute été colportée par les colons espagnols. Mais la seconde légende est 100% shuar ! 🙂