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Un peu d’histoire argentine

Buenos Aires

À nouveau pays, nouvelle leçon. Ce qui est cool avec toute l’Amérique, c’est que finalement on peut commencer notre cours en 1492, date à laquelle débute réellement l’Histoire, ce n’est pas comme s’il s’était passé quoi que ce soit d’intéressant avant. Comment ? Et les civilisations précolombiennes ? Oui bon, une bande d’indiens bariolés coupeurs de têtes, j’appelle pas ça une civilisation… Comment ? On n’a plus le droit de dire ça ? Rhaaa je vous jure quelle époque…

Il y a donc bel et bien du monde sur l’actuel territoire argentin avant l’arrivée des Espagnols. Beaucoup de monde même. Des peuples nomades ou sédentaires, parfaitement adaptés à leur milieu naturel d’origine. Pour les plus connus : les Guaranís (dans la zone tropicale au nord du pays), les Mapuches (en Patagonie), et vite fait les Incas (dans les Andes, mais le gros de leur royaume était plus au nord, au niveau du Pérou).

Et puis v’là-t’y pas qu’au début du XVIème, bim, quelques soldats débarquent de l’Ancien Monde, avec chevaux, armes à feu, et maladies en tout genre. La belle époque est révolue, place aux nouveaux maîtres du continent. Du moins à terme. Car la conquête de l’actuel territoire argentin sera longue et sanglante, et ce ne sera que vers la fin du XIXème siècle que les dernières tribus libres de Patagonie rendirent les armes. Une drôle d’idée que de refuser aussi longtemps le progrès et la prospérité qu’on leur promettait…

Entretemps, Buenos Aires (B.A.) était devenue la prospère capitale de la Vice-royauté du Río de la Plata, un vaste territoire englobant tout le cœur de l’Amérique du Sud. Pas de tout repos : en plus de bagarres fréquentes contre les indigènes, il fallait à l’occasion taper sur les Portugais juste au nord, et même sur les Anglais, qui s’étaient dit qu’ils mangeraient bien aussi un bout de gâteau.

Puis en 1810, les riches bourgeois de B.A. finirent par se dire qu’il était temps d’arrêter de payer des taxes à la lointaine couronne d’Espagne : quelques échauffourées plus tard, l’Argentine était née. Presque. Car en fait il faudra presque tout le XIXème pour réellement unifier le pays, les petits seigneurs de guerre provinciaux traditionalistes n’étant pas fondamentalement chauds pour vivre sous la coupe de cette orgueilleuse et décadente capitale, qui n’avait jamais rien fait pour eux… Toujours est-il que petit à petit, l’Argentine devient une nation prospère (et profondément inégalitaire), attirant même de nombreux migrants européens. Les présidents élus se succèdent, avec un peu de pluralisme, incroyable.

Évidemment ça ne pouvait pas non plus durer indéfiniment : de 1930 jusqu’en 1983, de sévères dictatures militaires vont s’enchaîner dans le jeune pays. Avec une petite parenthèse entre 1946 et 1955, période durant laquelle régna Juan Perón. Ah, un démocrate ? Euh non faut pas pousser non plus, le gars était bel et bien un militaire populiste et autoritaire. Mais étrangement, il va mettre en place de nombreuses mesures en faveurs des ouvriers et renforcera le rôle des syndicats. Bon, il va aussi ouvrir en grand les portes du pays à une bande de nazis désœuvrés. Par idéologie ? Pas vraiment, plutôt par pragmatisme en l’occurrence, techniciens et savants allemands étant nombreux à rechercher l’exil !

Finalement, en 1983, suite à la cuisante défaite de l’Argentine contre l’Angleterre lors de la guerre des Malouines, la démocratie se dit que c’est le bon moment pour un come-back. Ainsi donc reprend le ballet des présidents élus, jusqu’à nos jours. Fin (provisoire ?) de l’histoire. Mais gardez l’œil ouvert amis argentins, la mode est malheureusement à nouveau à l’autoritarisme…

6 Comments

  1. P'pa

    Manque quand même quelques éléments sur l’histoire toute récente du dernier président. On aimerait en savoir plus sur cet humaniste. Un descendant nostalgique de grands parents allemands réfugiés fin des années 40 ?

    • Vadrouilleur

      Même pas, un petit bourgeois de B.A. devenu prof d’économie à l’université… Je n’avais pas vraiment envie de disserter sur cette triste figure politique, populiste, opportuniste et outrancier, tout ce qui marche bien à notre époque en somme… :'(

  2. Jean-Marie Perrot

    Un pays plein de couleurs…les fabriquants de peinture doivent faire fortune ! Comme partout ailleurs avec la mode des fresques ! Au Moyen-âge, on ne peignait que l’intérieur des églises ⛪️ et les tympans extérieurs. La rue a pris le pouvoir…dans ce domaine !

    • Vadrouilleur

      Avant on découvrait la vie des saints version bande dessinée dans les églises. Maintenant on fait des « street art tour », et on s’arrache des Bansky à prix d’or. Effectivement les temps changent ! 🙂

  3. P'pa

    Francine vient de me souffler que c’est aujourd’hui la Saint Nicolas. Tu es le seul à qui on souhaite la fête, le privilège de Saint Nicolas. En Argentine, ça se fête ?

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