Varsovie → Cracovie (Kraków pour les intimes) → Auschwitz (Oświęcim pour les intimes) – 4h de train, puis 1h30 de bus
On verra plus tard pour Krakow. Mais nous « profitons » de notre proximité avec Auschwitz pour aller visiter le célèbre camp de concentration-extermination. Évidemment ce n’est pas une grosse partie de plaisir, mais le devoir de mémoire n’a jamais été autant indispensable, à l’heure où les extrémistes ont le vent en poupe à travers le monde, et où des dictateurs justifient leur guerre inique par une prétendue lutte contre le nazisme.
S’il est possible de visiter le site librement, pour une fois nous optons pour une visite guidée (en français, coup de bol !) pour rendre le parcours plus instructif et plus « vivant », entourés que nous sommes par les fantômes de près d’un million et demi d’assassinés (le terme, fort, revenait souvent). Quatre heures de visite, le minimum pour prendre toute la mesure des deux sites d’Auschwitz et de Birkenau.
Très compliqué de décrire l’horreur absolue. Tout aussi difficile d’en rire. Alors je peux peut-être simplement évoquer ce qui m’a le plus marqué. Dans le camp d’Auschwitz, les monticules démesurés d’objets soigneusement triés : chaussures, casseroles, valises, prothèses. Deux tonnes de cheveux. C’est impressionnant deux tonnes de cheveux. Des cachots d’un mètre carré au sol prévus pour quatre personnes. Un couloir de portraits d’hommes et de femmes en pyjamas rayés, avec leur nom, leur nationalité, leur métier, leur date de naissance, leur date d’arrivée au camp, leur date de décès (les deux dernières dates n’étant guère éloignées). Les deux uniques photos prises en cachette par des prisonniers. La villa du directeur du camp (cachée dans les arbres).
Dans le camp de Birkenau, le gigantisme des lieux. Les ruines des deux principales chambres à gaz (combinées à des crématoriums) du camp, détruites par les Nazis à peine une semaine avant l’arrivée des Alliés, après avoir tourné continuellement pendant deux ans. La froide efficacité d’une usine de mort, pensée en terme de rendement, comme toute usine qui se respecte. La pelouse fleurie qui recouvre l’ensemble du site, par une belle journée ensoleillée, étonnante dissonance.
On ne sort jamais complètement indemne de ce genre de visite. Mais notre guide a voulu terminer par une note d’espoir : de plus en plus de visiteurs font le déplacement, désormais près de deux millions et demi par an (après une petite pause COVID). Or je pense que quiconque met les pieds à Auschwitz ne peut que dire « plus jamais ça ». On peut dès lors espérer que la folie des hommes ait atteint son paroxysme en ces lieux.


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