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Née de ses cendres

Białystok → Varsovie (Warszawa pour les intimes) – 2h30 de train

Deux jours et demi pour arpenter la tentaculaire capitale polonaise, ce n’est pas de trop. Lorsque la ville est libérée du joug nazi en janvier 1945 (pour être immédiatement placée sous le joug soviétique, paye ta libération…), 85% des bâtiments sont réduits à l’état de monticules de gravats. Alors il a fallu reconstruire. Parfois rapidement, afin de reloger au plus vite les quelques habitants survivants. Ça, c’est le côté un peu moche de la ville. Et puis parfois les Polonais ont pris leur temps, notamment depuis la vraie libération du pays en 1990. C’est le cas par exemple de la « vieille ville », le quartier central historique, reconstruit à l’identique à l’aide d’archives et de photos. Et ça, c’est le côté nettement plus chouette de Varsovie.

Allez c’est parti pour une petite visite guidée. Tiens pourquoi ne pas commencer par le parc Łazienki, le poumon vert, tout aussi gigantesque que la ville qui l’entoure. Au programme des arbres bien sûr, une impressionnante statue de Chopin, la star locale, et quelques palais photogéniques, ça fait toujours plaisir. Puis la fameuse vieille-ville-récente, avec ses ruelles, ses églises, ses boutiques de souvenirs (et ses touristes qui vont avec), et sa somptueuse place du marché, au centre de laquelle trône une sirène, qui selon la légende aurait voulu simplement se poser pour une petite sieste sur les berges de la Vistule, mais aurait trouvé le coin tellement chouette qu’elle y aurait finalement posé ses bagages.

Mais ce qui fait surtout la force de cette sympathique et résiliente capitale, ce sont ses musées. Ils nous auront occupés de longues heures ! À commencer par le Palais Royal, qui évoluera du XIVème au XVIIIème siècle, avant d’être intégralement rasé et reconstruit au XXème. Reconstruction assez bluffante, vous y retrouverez les stucs et les ors vous plongeant instantanément dans un prestigieux passé. Cap ensuite sur le Musée National, la plus grande collection d’art du pays, l’occasion de découvrir les grands noms de la peinture polonaise (souvent inconnus pour les Français que nous sommes), les amateurs de beau seront comblés.

Si vous voulez toujours plus d’émotion, vous pouvez être servi. Au vieux cimetière juif par exemple, véritable forêt au cœur de la ville, où vous pouvez vous promener dans un incroyable enchevêtrement de 150 000 tombes de 1806 à nos jours, apaisante lutte entre le minéral et le végétal, les sections les plus anciennes semblant être retournées à l’état sauvage. Et puis bien sûr vous vous devez de visiter le POLIN, en plein cœur de l’ancien ghetto. Dans un sublime bâtiment moderne, et grâce à une muséographie extraordinaire, vous y découvrirez mille ans d’histoire juive en Pologne, de l’arrivée des premiers marchands au Moyen-Âge, aux horreurs de la Shoah et des années (guères plus réjouissantes) d’après-guerre. Si vous ne versez pas une petite larme je ne peux plus rien faire pour vous…

Pour se changer les idées, rien de tel que prendre un peu de hauteur grâce à l’ascenseur pour le 30ème étage du Palais de la culture et de la science, gigantesque (et malgré tout superbe) monstruosité soviétique qui trône au cœur des gratte-ciels de la ville nouvelle, pour une vue d’ensemble de la ville. De votre perchoir, vous ne pourrez qu’admirer l’incroyable vitalité de cette étonnante capitale-phénix, qui a su magnifiquement renaître de ses cendres. Vertigineux.

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