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Fervents supporters

Vilnius → Varéna – 105 km

Étape un peu difficile aujourd’hui, longue, relativement accidentée, et surtout avec un bon quart de dirt roads extrêmement sableuses et bosselées. Je n’ai pas été tendre avec mon GPS et la Lituanie…

Si je l’avais déjà un peu constaté dans le nord, difficile de passer à côté depuis mon arrivée dans les pays baltes : ce sont tous de fervents partisans de l’Ukraine !

Il est de bon ton par nous d’afficher son soutien au peuple ukrainien, de faire un ou deux dons, voire d’accueillir quelques réfugiés (mais pas trop non plus hein). Et il semblerait que pour une fois l’ensemble de la population soit assez d’accord, même si bien sûr le Kremlin a aussi ses ambassadeurs rémunérés (par exemple un petit bonhomme tout nerveux qui fût un temps président de la République française, étonnant). Sauf que finalement tout cela est assez lointain, que bon, avec leurs histoires on se retrouve à payer plus cher notre chauffage, et puis j’ai des amis russes qui vivent très bien, serait-ce vraiment si terrible pour l’Ukraine ?… Oui, j’ai la chance d’être né dans un pays qui vit en paix depuis bientôt 80 ans.

Mais par ici, ils SAVENT. À part les plus jeunes, ils savent exactement ce que c’est que de perdre sa liberté. Ils connaissent les déportations de masse, la justice arbitraire, la propagande d’état, l’espionnage généralisé, les élections truquées, l’exclusion des minorités, la tentative d’éradication de leur culture. Ils ont tous perdu des proches. Entre 1945 et 1952, 120 000 civils sont déportés de Lituanie, et 25 000 résistants armés sont arrêtés et exécutés.

En conséquence ici toutes les administrations publiques ont un drapeau ukrainien sur leur façade, en plus du drapeau local. Rares sont les immeubles d’habitation à ne pas avoir du jaune et bleu sur au moins un balcon. Des mémoriaux fleurissent un peu partout. Et sur chaque bus de la capitale lituanienne on trouve un bandeau « Vilnius ♥ Ukraine ».

Certes, la Russie d’aujourd’hui n’est pas non plus exactement celle de Staline. A priori on ne fusille plus à l’improviste, et on n’envoie plus personne au goulag. Mais si le seul moyen de ne pas finir en prison c’est de rentrer sagement dans le moule, d’applaudir quand il faut applaudir, et de ne surtout pas s’exprimer à voix haute, je ne suis pas convaincu que l’on puisse appeler cela vivre.

Alors longue vie aux Ukrainiens, mort au Kremlin, et bon courage les Russes, je vous souhaite un meilleur destin. Tout cela me faisant par ailleurs relativiser mon étape difficile du jour.

Note : je vais peut-être éviter de prendre l’avion prochainement moi…

6 Comments

  1. P'pa

    Fais quand même gaffe à ce que tu écris, les accidents sont courants ces temps-ci, même si Vladimir n’y est pour rien. Deux pneus de vélo qui explosent en même temps par exemple ça arrive. Surtout quand tu es en train de te faire rattraper par un gros camion et que tu croises le même camion en face. A part ça, est-ce qu’on peut dormir avec un tel plafond au dessus de soi ?

    • Vadrouilleur

      Fort heureusement, il s’agissait du salon, le plafond de la chambre était un poil moins chargé… Et normalement tant que je reste dans des pays de l’OTAN, je suis tranquille !

  2. P'pa

    PS : vérifie quand même que personne n’ait posé de micro dans ton cerveau pour vérifier toutes tes pensées.
    PPS : Ou alors un mouchard sur ton ordi qui traduit en russe tout ce que tu écris et le transmet directement à VP

    • Vadrouilleur

      Pas besoin de mouchard, VP sait quand on médit de lui. Mais VP ne s’abaisse pas à châtier les insignifiants, tant que la fréquentation du blog n’explose pas je suis tranquille !

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