Menu Fermer

Déambulations baroques

Vilnius

La première fois que j’ai entendu parler de Vilnius (à part en contemplant longuement des cartes du monde), c’était tragiquement associé aux noms de Marie Trintignant et de Bertrand Cantat, il y a tout juste 20 ans. Je m’étais alors demandé ce qu’ils avaient bien pu aller faire là-bas. Or je ne sais pas ce qu’il en était à l’époque, mais en tout cas aujourd’hui je suis loin d’être le seul à arpenter les rues pavées de la vieille ville. Car la capitale lituanienne mérite amplement le détour.

Après les envoûtantes fortifications médiévales de Tallinn et les fascinantes demeures Art nouveau de Riga, Vilnius nous charme avec un vaste centre-ville (principalement) baroque extrêmement bien conservé, ayant miraculeusement échappé aux destructions des deux Guerres Mondiales. Les églises notamment sont pléthores, et leurs portes grandes ouvertes nous laissent admirer de somptueux intérieurs : c’est tout de même plaisant de retrouver un pays catholique, car bon, ne nous voilons pas la face, si la réforme luthérienne a sans doute eu du bon, on ne peut pas vraiment dire que les églises du nord de l’Europe soient particulièrement intéressantes à visiter (à plus forte raison quand on s’est baladé en Espagne et au Portugal juste avant…).  

Alors tous les monuments n’ont pas si bien résisté, notamment le palais des Grands Ducs, qui a été méthodiquement rasé par l’envahisseur russe à la fin du XVIIIème. Qu’à cela ne tienne, il a été reconstruit à l’identique après l’indépendance (dans son ultime version, car il a beaucoup évolué au cours des siècles), et terminé il y a une dizaine d’années. Le résultat est plutôt bluffant, et la visite est intéressante (prévoyez en revanche bien plus que les deux heures qu’ils conseillent… sauf si vous n’aimez pas lire les explications bien sûr).  

Par ailleurs la ville était surnommée jusqu’au XXème siècle la « Jérusalem du Nord », du fait, vous vous en doutez, de sa très importante population juive. Et puis la Seconde Guerre Mondiale est passée par là…

Deux petits faits intéressants (enfin je trouve). Si la Lituanie a bien été indépendante pendant une vingtaine d’années après la Première Guerre Mondiale, sa capitale n’était pas Vilnius mais Kaunas (l’actuelle deuxième ville du pays). Pourquoi donc ? Eh bien parce que la Pologne s’était appropriée Vilnius et sa région, qui était en l’occurrence majoritairement peuplée de Polonais à l’époque…

Et sinon, au cours de la longue histoire du puissant Grand-Duché de Lituanie, celui-ci verra à sa tête… Henri III ! Bon à l’époque il n’était pas encore Henri III en l’occurrence, mais simplement le quatrième fils d’Henri II et de Catherine de Médicis. Puisqu’il n’avait aucune chance d’hériter du trône de France, il postule ailleurs… En 1573, grâce à un fort lobbying de Catherine, la Diète se décide à élire Henryk Walesy (son petit nom local), 21 ans, à la tête de la Pologne-Lituanie (oui à l’époque le roi était élu par 40 000 nobles). Et voilà le jeune homme qui part à Cracovie, sans grande motivation… Sauf qu’un an plus tard, son grand frère meurt sans héritier, et voilà Henryk en tête de liste pour la couronne de France. Il s’éclipse de nuit discrètement de Pologne, pour devenir Henri III quelques mois plus tard. Fin de l’intermède Bourbon en Lituanie, il n’aura même jamais mis les pieds à Vilnius ! On ne les y reprendra plus… Élire un Français, quelle idée aussi !

6 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *