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Trilogie balte, épisode 1

Helsinki → Tallinn – 2h30 de bateau

Les trois états baltes sont souvent évoqués de concert. Pour beaucoup d’Européens, difficile de différencier Estonie, Lettonie et Lituanie (du nord au sud). Pourtant ces trois petites républiques, membres de l’Union européenne, de la zone euro et de l’OTAN, possèdent certes quelques similarités, mais sont finalement éminemment différentes, notamment en ce qui concerne la langue, la culture, ou l’origine de leur population.

Je commence mes vadrouilles baltes par quatre jours en Estonie : deux dans la capitale Tallinn, et deux sur la route, ce qui devrait me suffire pour traverser en ligne droite le pays – j’aurais pu faire durer le plaisir en longeant la côte, mais je suis attendu en Lettonie !

Géographiquement parlant, l’Estonie est effectivement un petit pays : à quelques km² près, la taille du Danemark, sans le Groenland bien sûr. Moins d’1,5 millions d’habitants, dont un bon tiers à Tallinn. Plutôt désert donc. Quelques îles à l’ouest, quelques grands lacs à l’est, notamment le Peïpous, quatrième plus grand d’Europe, qui propose de belles plages plus propices à la baignade que les côtes rocheuses de la Baltique. Niveau relief, on est sur de la plaine marécageuse. Donc normalement, et je dis bien normalement, pas de collines à la finlandaise. Ouf.

L’histoire du coin est plutôt mouvementée. J’ai franchi l’ex-rideau de fer, donc on sait déjà que ça n’a pas été la grosse teuf sur la deuxième moitié du XXème siècle. Au commencement étaient les finno-ougriens, qui débarquent dans la région depuis la Sibérie centrale, il y a plus de 5 000 ans. Leur langue est peu ou prou celle toujours parlée aujourd’hui. Bon ils vivent leur vie tranquillou, pas grand monde ne passe dans le coin. Quelques échanges tout de même avec les Romains à la belle époque, qui sont intéressés pas l’ambre de la Baltique. Plus tard les Vikings établissent des routes commerciales entre la Scandinavie et Byzance, mais elles passent un peu plus au sud. Non finalement jusque dans les années 1200, la région est plutôt calme : la population se développe, reste majoritairement païenne, se fait harceler à l’ouest par les Scandinaves, à l’est par les Russes, mais demeure indépendante. Bon évidemment dans un système féodal, quand tu es en bas de l’échelle, que ton seigneur et maître soit ton voisin ou vienne de l’autre bout du monde, ça ne change fondamentalement pas énormément ton pénible quotidien…

Mais à la surprise générale, ce sont finalement les croisés allemands qui s’emparent officiellement les premiers de ces terres, après vingt années de bonnes bagarres, faisant intervenir en prime Danois et Russes, les teigneux indigènes étant loin de se laisser faire, dingue ça, on ne peut plus coloniser en paix ! La Confédération livonienne est née (regroupant les actuelles Estonie et Lettonie), un état théocratique qui durera mine de rien trois siècles. Une période de relative stabilité, qui verra la naissance et le développement des principales villes actuelles. Et puis ça repart en vrille pendant une quarantaine d’années, jusqu’à ce que les Suédois s’emparent de l’ensemble de la région, en 1595. Ça ne durera cette fois qu’un peu plus d’un siècle, jusqu’à l’arrivée du troisième larron en 1710, l’Empire russe. Il faut savoir bien sûr qu’à chaque nouvel occupant, la population (paysanne) chute drastiquement, décimée par les conflits et les maladies qui s’ensuivent. Puis ça remonte.

En 1917, révolution bolchévique ! Comme la Finlande voisine, l’Estonie en profite pour déclarer son indépendance, un fort sentiment nationaliste s’étant développé à partir du XIXème siècle. Même si ça ne se fera pas sans heurts et milliers de morts, mais le pays a comme qui dirait l’habitude… Ça y est, en 1920 l’Estonie est libre !!! Enfin ça ne durera que 20 ans, fallait pas rêver… Les Russes reviennent en 1940. Sont chassés par les Allemands entre 41 et 44. Puis re-reviennent. Ça va espionner, fusiller et déporter à tour de bras, bien évidemment, la méthode a fait ses preuves dans toute l’Europe de l’est. Enfin (enfin !), en 1991, dans la foulée de l’éclatement de l’URSS, l’Estonie redevient libre, cette fois-ci pour de bon (enfin on l’espère) !!! Et fonce tête baissée pour rattraper son retard économique sur le reste de l’Europe, qu’elle rejoint, ainsi que l’OTAN, en 2004, sous les huées du voisin russe. L’histoire s’arrête ici pour le moment.

2 Comments

  1. P'pa

    Hostilité envers la Russie ? Ne sont pas très reconnaissants les estoniens. Je serais Russe, je t’enverrais quelques drones là-bas pour leur apprendre et punir leur ingratitude. J’attendrais que tu sois reparti bien évidemment.

    • Vadrouilleur

      Oui c’est étonnant comme tous ces pays auxquels la Russie a apporté les bienfaits du totalitarisme soviétique ne se montrent pas reconnaissants… Je vais en traverser un paquet dans les prochaines semaines ! On va tâcher d’éviter les drones pour le moment…

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