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Pour quelques vadrouilles de plus

Sanur → Denpasar → Jakarta → Dubaï → Paris → Angers – 30 min de taxi, 1 h 30 de vol, puis 7 h 50, puis encore 7 h 20, et enfin 3 h 30 de train

La quatrième et dernière saison de Vadrouilles s’achève, cela va sans dire, par un long marathon de transports divers sur deux jours. Il fallait bien ça pour méditer sur ce retour définitif dans ma bienheureuse France – j’entends par définitif quelques années, on ne guérit pas du nomadovirus d’un simple claquement de doigts.

Je souhaitais vivre une saison 4 un peu moins homogène, un peu plus placée sous le signe du « quoi donc ai-je envie là maintenant ». Or il s’est avéré que j’ai surtout eu envie de contemplation. De vagues. De montagnes. Et de bouffe. Pas de surprise, c’est exactement ce que j’ai eu à me mettre sous la dent. Je pensais m’éterniser un peu plus dans le Pacifique sud. Sauf que le temps moyen (quelle idée aussi d’y aller en saison des pluies) et le coût particulièrement conséquent de la vie m’ont poussé à déménager plus vite que prévu. Puisque j’ai finalement eu le sentiment d’avoir trouvé à Wayalailai exactement ce que je cherchais dans ces lointains confettis perdus au milieu d’un gigantesque océan, j’ai pu sans regret partir conclure ailleurs ces trois années de voyage. Et quoi de mieux pour cela que l’Asie, sans hésiter mon continent préféré parmi les six que propose notre bonne vieille planète (avec l’Europe tout de même, je ne renie pas mes origines). Bon, l’inédit commençant à se faire rare en Asie, j’ai dû creuser un peu, mais j’ai quand même réussi à dégotter trois nouveaux superbes pays qui, allez savoir pourquoi, n’étaient pas encore apparus sur mon radar. Et, n’ayons pas peur des mots, je peux parler de trois coups de cœur inattendus. Peut-être parce que, justement, je n’en attendais rien.

Cette saison « à la carte », à défaut d’homogénéité, m’aura offert de beaux contrastes. Côté mer, des petites îles paradisiaques de Maratua et Con Dao aux ports bourdonnants de Sydney et Busan, des côtes déchiquetées de Jeju aux douces baies sablonneuses du Sri Lanka, des requins bouledogues de Wayalailai aux nudibranches d’Amed, sans oublier le sublime lagon de l’Île des Pins, peut-être le plus beau du monde. Côté terre, des eucalyptus des Blue Mountains aux sapins de Seoraksan, du vibrant pèlerinage de Sri Pada aux improbables McDo de Zhangjiajie, des plantations de thé d’Haputale aux rizières de Longji, des léopards de Wilpattu aux pandas de Chengdu. Même si c’était un peu moins le thème de la saison, la culture n’a toutefois pas été en reste, du gigantisme de la Cité Interdite au côté presque cosy des divers palais de Séoul, des pagodes plurimillénaires d’Anuradhapura aux étonnants tumulus royaux de Gyeongju, de la métropole futuriste de Chongqing au village traditionnel figé dans le temps d’Hahoe. En toute honnêteté, à part peut-être une ou deux étapes plus « dispensables » (Nadi ne restera clairement pas gravée dans ma mémoire, et il y a beaucoup, beaucoup trop de monde sur le site de l’Armée de Terre Cuite de Xi’an pour réellement en profiter), j’ai l’impression que ces neuf mois n’ont pratiquement été que merveilles sur merveilles.

Je craignais, en attaquant cette ultime partie de mon voyage, de finir potentiellement blasé. Finalement, j’en veux encore, et je rentre presque frustré. De là à envisager une saison 5 ? Je plaisante…

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