Maratua
J’aurais pu me la jouer Robinson jusqu’au bout sur mon île paradisiaque, et je n’y aurais certainement pas été malheureux. Mais le démon de la bougeotte a encore frappé, et j’ai finalement décidé de poursuivre un tantinet ma découverte de l’Indonésie pour les dernières semaines de Vadrouilles. Après tout, le pays ne compte guère que 17 000 îles.
En réalité, j’ai pris cette décision très peu de temps après mon arrivée sur Maratua, au détour d’une conversation avec mon hôte. L’une des raisons qui m’avait poussé à privilégier ce petit coin de paradis à d’autres, outre les fonds marins réputés magnifiques, les plongées de classe mondiale, la (relative) facilité d’accès (selon les standards indonésiens bien sûr) et l’isolement nécessaire à la poursuite de mes travaux d’écriture (travaux toujours en cours, mais j’avance), c’était la présence garantie de nombreuses raies mantas non loin de la petite île de Sangalaki, voisine de Maratua – observation possible tout l’année, en snorkeling ou en plongée. Mais siii, vous savez, la majestueuse bestiole qui s’échine à m’éviter où que j’aille, et que j’ai fini par entrapercevoir du côté de l’Île des Pins. L’occasion m’était à nouveau donnée de croiser facilement ce géant des mers chaudes. Incroyable ! Presque trop beau pour être vrai !
Las, c’était justement beaucoup trop beau. Car il semblerait que les raies aient déserté la région depuis presque deux ans désormais, ce que les guides se gardent bien de signaler. Avec beaucoup de chance, il est toujours possible de croiser une ou deux visiteuses de passage, mais les résidentes ont purement et simplement disparu. Pour aller où ? Nul ne sait. Pourquoi ? Plusieurs hypothèses, notamment le réchauffement climatique bien sûr, un classique, ou encore le fait que de plus en plus de gros bateaux de plongée chinois (pour ne pas les nommer) soient venu jeter l’ancre dans les environs ces dernières années. Marre des paparazzi, on se casse…
La déception fut grande évidemment. Puis celle-ci passée, j’ai cherché sur internet « où plonger avec des raies mantas en Indonésie, mais pas à Maratua ». Et j’ai fait corréler ma nouvelle destination avec les résultats de cette recherche. À suivre…



















