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Satisfa-K-tion

Séoul → Jakarta – 7 h de vol

On improvise rarement un voyage en Corée du Sud, contrée encore méconnue bien loin de la France. C’est peut-être pourtant ainsi que l’on est le plus à même d’apprécier un pays, lorsque celui-ci se dévoile pudiquement à nous chaque jour un peu plus. Où l’on apprend à se déchausser en arrivant dans une habitation, notamment dans sa chambre d’hôtel, systématiquement munie d’un petit sas dédié à cet effet (des chaussons sont souvent fournis). Où l’on réalise que le bibimbap se mange à la cuillère, mais que les accompagnements s’attrapent avec les baguettes. Où l’on ne traverse jamais lorsque le feu est rouge, sous peine de se faire gronder. Où l’on se vêt d’habits traditionnels pour rentrer gratuitement dans les musées (qui de toute façon ne coûtent pas grand-chose). Où l’on dîne à partir de 17-18 heures, ce qui m’arrange bien. Où l’on part en balade équipé comme un alpiniste s’apprêtant à gravir l’Everest. Où l’on peut laisser son sac et son téléphone n’importe où sans surveillance.

J’ai évidemment découvert une culture riche, singulière, mise à l’honneur. La Corée est un pays éminemment moderne, mais qui ne renie aucunement ses traditions millénaires. J’ai arpenté des paysages vallonnés, parfois montagneux, rarement plats, à la fois très domestiqués et urbanisés, mais aussi sauvages et couverts d’une épaisse forêt, l’océan presque toujours en toile de fond. J’ai même eu l’occasion de faire quelques randonnées superbes et intenses. J’ai rencontré un peuple beau, élégant, respectueux, accueillant, gouailleur, bon vivant, curieux, vieillissant, encore loin de maîtriser l’anglais (les vieux le parlent d’ailleurs parfois mieux que les jeunes). J’ai dépensé moins qu’escompté, notamment au niveau des visites, régulièrement gratuites ou ridiculement bon marché, et de l’hébergement, souvent d’un excellent rapport qualité-prix ; j’ai d’ailleurs presque autant dépensé sur la nourriture, notamment car je me suis régulièrement retrouvé à payer seul des plats pour deux au restaurant (on dîne rarement en solitaire, c’est presque mal vu pour un Coréen). Cerises sur le gâteau, j’ai très bien mangé (vous l’aurez compris) ; les transports en commun sont fiables et efficaces ; quant à la pression touristique, elle est loin d’être excessive.

En résumé, vraiment pas grand-chose à jeter. Si l’on devait peut-être se permettre une petite critique, surtout en comparaison avec la Chine voisine, la péninsule manque parfois un peu de grandeur. Tout est mignon, cosy, propret, mais on est rarement à se décrocher la mâchoire. Pas vraiment nécessaire cela dit pour se sentir bien quelque part. Et il n’y a pas photo, en Corée, on se sent plutôt bien.

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