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Un peu d’histoire coréenne (suite et fin)

Busan → Tongyeong – 1 h 30 de bus

Allez, penchons-nous sur la dernière partie de la longue et dramatique fresque historique coréenne. Sortez les mouchoirs.

Nous étions enfin arrivés à la période Joseon, qui débute officiellement en 1392, lorsque le roi Taejo prend le pouvoir. Séoul devient pour la première fois la capitale du royaume. Le gouvernement se la joue un peu communiste avant l’heure, en nationalisant puis redistribuant les terres agricoles, et en confisquant les biens des riches temples bouddhistes… Le hangeul (l’alphabet coréen) est inventé, permettant un rapide développement culturel. On rebascule en revanche dans une société particulièrement patriarcale (sous l’influence du néo-confucianisme), les femmes perdant globalement tout statut social.

Premières grosses difficultés du régime avec une invasion japonaise en 1592, dont l’objectif final est la Chine des Ming. Mais la Corée est malheureusement sur la route, et finit ravagée, aussi bien par les Japonais que par les Chinois. Puis en 1637, ce sont les Mandchous qui attaquent à leur tour, un peu gratuitement. Sale temps pour la péninsule.

Le XVIIIème siècle fera office de nouvel Âge d’Or, les relations sont finalement normalisées avec le voisinage, et une culture purement coréenne prend le pas sur la culture chinoise jusque-là dominante. Le XIXème est en revanche beaucoup plus agité, que ce soit sur le plan intérieur ou extérieur. Car le Japon, ayant mis fin à son long isolationnisme, revient dès lors à la charge, et va réussir à progressivement mettre en place un pouvoir fantoche à Séoul. En 1897, la Corée s’affranchit définitivement de la Chine (elle lui payait toujours un tribut depuis… pfiou… belle lurette) et devient un empire, rien que ça. L’ultime roi Joseon se fait donc couronner empereur, et opte alors pour un style… prussien. Oui oui, regardez des photos, c’est assez marrant. Bon évidemment ça ne durera pas : en 1910, le Japon décide finalement de transformer le pays en une vulgaire colonie, c’est plus pratique pour le pillage. D’empire à colonie, on a connu situation plus reluisante…

La période qui suit n’est pas vraiment plaisante pour les Coréens, l’administration japonaise étant tout sauf sympathique. Je parle bien sûr de confiscation des biens matériels (les terres notamment), de destruction des biens culturels, d’assimilation forcée, de féroce répression des voix dissidentes (avec quelques massacres à la clé)… Lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclate, les Coréens sont contraints de participer à l’effort de guerre. Et puis les Japonais perdent brutalement. Youhou ? Pas vraiment.

Truman et Staline,ivres de leur victoire, décide de couper le pays en deux au niveau du 38ème parallèle, les Étatsuniens au sud, les Russes au nord. Avec la vague promesse d’organiser des élections lorsque le pays aura repris un peu du poil de la bête. Mais bien sûr cela ne se passera pas comme ça, et en 1950, le Nord se décide à envahir le Sud, marquant le début de la Guerre de Corée, qui ravagera une fois de plus la péninsule. Bon, je reviendrai ultérieurement sur cet épisode « connu mais pas tant que ça » de l’Histoire du Monde.

Ok, mais ensuite c’est bon non ? La Corée du Sud devient une vigoureuse et prospère démocratie ? Ah ah, naïf que vous êtes, la démocratie attendra 1993 pour se mettre en place, après un enchaînement de dictatures civiles puis militaires. Depuis, on ne peut toujours pas vraiment parler d’un État « apaisé », puisque s’enchaînent manifestations géantes et scandales divers de corruption généralisée au plus haut niveau, avec bien sûr en prime la menace permanente d’un voisin dirigé par un autocrate psychotique. Malgré cela, allez savoir comment, le pays est devenu en quelques décennies l’un des plus prospères du monde. Et ce, sans une goutte de pétrole dans son sous-sol ! Chapeau bas.

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