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Un peu d’histoire coréenne (suite)

Jeju-si → Busan – 40 min de vol

Retour sur le continent. Pourquoi ne pas prendre un ferry vous demandez-vous peut-être ? Eh bien à moins d’avoir sa voiture à trimballer, cela n’est absolument pas intéressant, ni financièrement, ni temporellement. Donc sauf à avoir le mal de l’air, le choix est vite fait…

En 676, le royaume de Silla domine désormais toute la péninsule, après avoir battu à la loyale ses adversaires coréens ainsi que les Chinois Tang. Mais ces derniers ne sont pas allés bien loin, puisque le nord de l’ancien vaste royaume de Koguryo demeure sous leur contrôle. D’ailleurs les pragmatiques Tang installent à la tête de ce « protectorat » le dernier roi de Koguryo, pourquoi faire compliqué. Sauf qu’empêtrés dans leurs affaires internes, les Chinois ne sont bientôt plus en mesure de contrôler ces turbulents peuples du nord, et vingt ans plus tard, le protectorat disparaît au profit d’un tout nouveau royaume : Parhae. Plein d’ambitions, et faute de pouvoir aller vers le sud, il s’étend rapidement jusqu’à la Mandchourie.

La société dans le royaume de Silla est extrêmement cadenassée socialement, et le rang des individus régit jusqu’à la taille maximale de leur porte d’entrée. Le bouddhisme domine les pratiques religieuses, tandis que les pratiques confucianistes modèlent la politique. Petite particularité étonnante : dans la haute société, les femmes possèdent les mêmes droits que les hommes, et trois reines vont même monter sur le trône.

Néanmoins, la rigidité de Silla commence à taper sur les nerfs de tout le monde, la grogne monte. Vers la fin du IXème siècle, les provinces font progressivement sécession, et on se retrouve… eh bien à nouveau avec trois royaumes. Marrant comme l’histoire balbutie. Sauf que cette fois-ci, c’est Goryeo qui l’emporte en 935, après une vingtaine d’années de guerre civile. RIP Silla, le roi est mort, vive le roi. La Corée est unifiée. Again. Goryeo repousse d’ailleurs ses frontières au nord un peu plus loin que Silla, jusqu’à se heurter aux Khitan, une tribu mongole qui a ravagé la Chine des Tang ainsi que feu-Parhae. La frontière est alors puissamment fortifiée, et elle tiendra bon jusqu’à nos jours, puisqu’elle correspond toujours à la limite nord de la Corée du Nord.

Les deux siècles qui suivent font un peu office d’âge d’or, et la péninsule s’enrichit grâce à son artisanat (notamment le précieux céladon) et au commerce avec la Chine et le Japon. Mais à partir du début du XIIIème siècle, rebelote, les ennuis arrivent (à dos de cheval) : les tribus mongoles unifiées par Gengis Khan déferlent sur le monde, et la Corée n’échappe pas à la règle. Raids après raids, la péninsule est méticuleusement ravagée. D’ailleurs à partir de 1270, les Mongols décident tant qu’à faire de diriger eux-mêmes le Goryeo, plutôt que de juste le piller.

Cependant, à la mort du célèbre Kubilai Khan, ces belliqueux guerriers finissent par recommencer à faire ce qu’ils ont toujours fait : se battre entre eux. Ce qui permet au roi Kongmin de progressivement les évincer du Goryeo, et en 1356, la Corée est à nouveau aux Coréens. Cela ne suffit tout de même pas à sauver le royaume, qui vit ses dernières années. Des ambitieux s’agitent dans l’ombre, et en 1392, bim, une toute nouvelle dynastie prend la relève, celle dont on trouve d’imposants restes à travers tout le pays, j’ai nommé : Joseon, le « matin frais ».

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