Chengdu → Zhangjiajie → Fenghuang – 4 h 20 puis 50 min de train
Après le Sichuan, direction le Hunan, à la découverte d’une Chine plus rurale, plus montagneuse, plus sauvage… Bon, on parle évidemment de ruralité à l’échelle d’un pays d’1,4 milliards d’habitants, où Zhangjiajie est donc une petite préfecture du sud-ouest (1 million d’habitants), et Fenghuang un gros bourg (200 000 habitants). Dans cette région, les Han cèdent un peu la place à deux importantes minorités, les Miao et les Tujia, l’occasion de découvrir une autre architecture, une autre gastronomie (mention spéciale pour le crapaud-buffle mijoté), et des costumes traditionnels, que tous les cosplayeurs en puissance (en gros l’intégralité des touristes chinois) revêtent pour de longues séances photos.
À Zhangjiajie (zang-djia-djié), l’intérêt ne réside pas vraiment dans la ville, mais plutôt dans ses environs, puisque ceux-ci sont composés de spectaculaires paysages karstiques mondialement réputés, qui inspirèrent notamment James Cameron pour son film Avatar. Difficile de tous les parcourir dans le programme ultra-condensé qui est le nôtre (pas grave, je reviens dans quelques jours), alors nous avons opté pour la seule montagne Tianmen, accessible directement depuis la ville via le plus long téléphérique du monde, plus tout un tas d’escalators, qui permettent de gravir les 1500 mètres du sommet sans avoir à fournir le moindre effort. Bon, pour ceux qui veulent quand même transpirer un peu, il est malgré tout possible de grimper les 999 marches qui rejoignent la Porte du Ciel, une gigantesque arche naturelle dans la montagne. Bien sûr ici on ne grimpe pas 999 marches pour le seul plaisir : en récompense, vous obtenez jeunesse éternelle, félicité infinie, aisance financière, et même probablement une bonne note à votre prochaine interro de maths. À noter que cette petite expédition en montagne s’est partiellement déroulée sous une pluie battante, une journée de météo moisie est une obligation pour tout voyage qui se respecte.
À Fenghuang (fong-ouang), c’est cette fois-ci bien la ville qui possède un intérêt, puisque celle-ci fait partie des bourgades antiques les mieux préservées de Chine. Un vrai ravissement pour les yeux que toutes ces vieilles bâtisses bordant une paisible rivière encaissée, surtout quand la nuit tombe et que tout s’illumine, véritablement magique. Bon, paisible rivière, ça c’est en temps normal, car les fortes pluies des derniers jours ont transformé la Tuo en un torrent vert furieux, inondant les voies sur berge. Pas vraiment de quoi gâcher l’expérience, qui consiste principalement à se perdre délicieusement dans les ruelles tortueuses. Mais la furie des eaux est encore plus visible à Furong Zhen, une petite centaine de kilomètres plus loin : ici les Tujia vivent depuis 2 000 ans sur les berges d’une spectaculaire cascade, qui peut passer d’un mince filet durant la saison sèche, au monstre rugissant que nous avons eu la chance d’admirer. Certaines des habitations ne sont qu’à quelques mètres des flots : prévoir de bonnes boules quiès si vous avez le sommeil sensible.
Et déjà plus qu’une ultime étape avec mon petit groupe !