Beijing → Xi’an → Chengdu – 4h puis 3h40 de train
Beijing était notre plus longue étape, et elle nous a pourtant paru terriblement courte. Nous avons désormais passé la vitesse supérieure, avec seulement deux jours pour découvrir chaque nouvelle destination : un coup de TGV, quelques sessions de métro ou de Didi, une paire de visites, deux dîners en quête des nombreuses spécialités locales (impossible de tout goûter), et hop, c’est déjà reparti pour la petite bourgade suivante (quelques millions d’habitants, le strict minimum en Chine).
Xi’an pour commencer. 8 millions d’habitants. Des nouilles très larges et démesurément longues, légèrement épicées. Les plus imposants remparts de Chine (datant de l’époque où Xi’an était la plus grande ville du monde) : un chouette rectangle de 14 km qu’il est possible de parcourir au crépuscule en vélo (on pourrait limite faire passer une autoroute au sommet de ce gros tas de briques). Le mausolée de l’empereur Jingdi (141 av JC, dynastie Han), qui a priori se préoccupait du bien-être de ses sujets, pas si fréquent pour l’époque ; vide de touristes, encore moins fréquent. Une superbe Grande Mosquée qui, si elle ne comportait pas régulièrement quelques versets en arabe sur ses murs, pourrait tout à fait se faire passer pour un temple chinois parmi d’autres ; délicieusement calme au petit jour. Et bien sûr la star locale : la célèbre et spectaculaire Armée de Terre Cuite de l’empereur Shi Huang (210 av JC, dynastie Qin), rien de moins que le fondateur de la Chine, qui avait semble-t-il quelques penchants mégalomanes. On trouve là, dans de gigantesques hangars, des milliers de guerriers en terre grandeur nature (et incroyablement réalistes) méticuleusement alignés. Improbable. D’ailleurs pour l’anecdote, le tombeau de l’empereur à proprement parler n’a lui toujours pas été ouvert (l’armée de terre étant là pour le protéger bien évidemment), les archéologues se méfiant des nombreux pièges qu’il est réputé offrir aux pilleurs. Qui sait quelles merveilles ce dernier peut encore contenir ?!
Puis Chengdu pour continuer. 9 millions d’habitants. 99 % des visiteurs viennent dans la capitale du Sichuan pour une chose : voir des pandas. Nous n’avons pas fait exception. Il est possible de contempler de près environ 200 de ces adorables boules de poils dans un énorme « centre de reproduction » (alias un zoo, mais de grande classe) en périphérie de la ville. Très plaisant, même si bien sûr cela ne vaut pas une rencontre impromptue en milieu sauvage (mais vu leur faible nombre encore en liberté, cela ne doit pas être simple). Sinon, un joli parc urbain populeux où il est possible de déguster du thé tout en assistant à un petit spectacle traditionnel pluri-disciplinaire, avec notamment de l’étrange « changement de visage », où les artistes enfilent masques sur masques en une fraction de seconde, magique. Un immense temple taoïste, avec vapeurs d’encens et fidèles enchaînant les génuflexions (idéal pour garder la forme). Et quelques rues piétonnes, traditionnelles ou ultra-modernes, bordées de dizaines de boutiques aguicheuses déclinant le panda sous toutes ses formes. Une métropole thématique.
Allez, ça enchaîne, ça enchaîne.