Tromsø → Honningsvåg – 16h de bateau
Une fois n’est pas coutume, je quitte le « Paris du Nord » (je n’invente rien, Paris à de nombreuses répliques à travers le monde. Bon là je ne vois pas trop le lien cela dit. Les bars pléthoriques ?) à bord d’un navire, le MS Vesterålen, affilié au mythique Hurtigruten. Le nom ne vous évoque rien ? C’est que vous n’avez probablement jamais envisagé un voyage en Norvège. Car ici le Hurtigruten, littéralement la « route rapide », est une vénérable institution depuis plus de 130 ans.
Dès le XIXème siècle, de nombreuses communautés sont éparpillées le long de la côte norvégienne, jusqu’aux latitudes les plus extrêmes. Compliqué pour ces petits villages de pêcheurs d’exporter leurs prises, et de recevoir en retour divers produits de base. À plus forte raison durant le long hiver arctique. Voyager par les terres ? Vous n’y pensez pas voyons, la Norvège n’est que fjords et sommets escarpés. Par les airs ? Euh on est au XIXème je vous rappelle… Reste la mer. C’est ainsi qu’une ligne régulière de navires va progressivement voir le jour, bien aidée par des subventions étatiques (utile, mais pas rentable), afin de transporter passagers, fret et courrier tout le long de la côte norvégienne. Un navire part actuellement chaque jour de Bergen, la grande ville du sud, où il sera de retour 12 jours plus tard, après un parcours d’environ 5200 kilomètres A/R qui l’emmènera jusqu’à Kirkenes, le dernier bled avant la Russie.
Aujourd’hui le Hurtigruten n’est plus vraiment d’utilité publique, nettement plus facile et pratique désormais de prendre la voiture ou l’avion. Alors sa vocation a changé : étant donné le caractère fortement spectaculaire des côtes, pourquoi ne pas transformer la flottille en bateaux de croisière ? Suites de luxe, saunas, piscines, on est parfois loin de la couchette rudimentaire sur les tout derniers navires construits (bon en ce qui me concerne, le MS Vesterålen date de 1983 – comme votre serviteur –, il est donc encore plutôt à l’ancienne… comme votre serviteur !). 70% des passagers sont maintenant des touristes (cela signifie tout de même que la ligne est encore vraiment utile pour 30% des 500 000 utilisateurs annuels !), les prix ont flambé, et la compagnie est finalement devenue rentable, comme quoi…
Pour ma part, trajet mi-touristique mi-utilitaire, car j’arrive demain matin à environ 30 kilomètres du Nordkapp, pratique (ça aurait été nettement plus galère en bus). Et en prime j’en prends plein les mirettes toute une « nuit » durant (pour rappel : je n’ai plus croisé la nuit depuis quelques jours). Je sens que je ne vais pas beaucoup dormir…

Toujours magnifique. Je viens de voir aux infos ce midi un reportage sur la « route du roi » qui traverse la Laponie. Le GR (ce n’est peut-être pas un acronyme local) est immense et assez fréquenté. Les gens se baignent dans une eau à 6°. …
J’espère que tu en as profité !!!!
Merci pour ce partage. Bises.
Toutafé, le Kungsleden, que j’évoque brièvement lors de mon passage à Abisko. Je n’en aurai parcouru que quelques kilomètres sur les 425 possible, mais c’était prometteur, une expérience à refaire un jour ! Bon l’eau à 6°C très peu pour moi néanmoins… 🙂