Ella
En moyenne, la température diminue de 0,65 °C dès lors que l’on s’élève de 100 m. Ella (elle l’a – ne me remerciez pas) étant située à 1000 m d’altitude, faites le calcul : il y fait plutôt bon. Voire frais la nuit. Je me suis d’ailleurs sérieusement caillé les miches la toute première, avec une simple petite couverture, le mercure tombant autour de 16 °C. Pas comme s’il y avait du chauffage dans les chambres… Une deuxième couverture réclamée, la seconde nuit fut nettement meilleure.
En tout cas c’est mine de rien l’un des intérêts de venir dans ces majestueuses montagnes sri lankaises : on y respire nettement mieux que dans la touffeur des plaines. Ce qui permet de s’adonner beaucoup plus sereinement à la randonnée, sans avoir l’impression de perdre un litre d’eau à chaque pas. Et ce qui tombe bien, puisque la zone propose son content de petits sentiers débouchant sur de spectaculaires panoramas, avec jungle et plantations de thé à perte de vue. Ou sur une cascade, certes un peu à sec en cette saison. Ou sur une voie de chemin de fer. D’ailleurs la ligne reliant Kandy à Ella est considérée comme l’une des plus spectaculaires du monde. Ce qui est sympa, c’est qu’elle se parcourt à 20 km/h, laissant donc amplement le temps de profiter du paysage. Enfin, se parcourait, puisque le typhon dévastateur de novembre a ravagé certains tronçons, particulièrement exposés aux glissement de terrain. Date de réouverture inconnue…
Le clou du spectacle à Ella : le célèbre Nine Arch Bridge, qui fait la joie des instagrameur/euses. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un massif pont de pierre à neuf arches qui traverse une vallée luxuriante. Lorsqu’un train passe dessus (4 fois par jour), c’est littéralement la cohue, à qui prendra la pose la plus ridicule sexy. Les joies du tourisme international.
D’ailleurs c’est un peu le souci de la petite bourgade, qui n’a définitivement plus rien d’authentique : vous y trouverez essentiellement des restaurants proposant pizzas et burgers, ainsi que des bars à cocktails, enceintes à fond ; et il y a sans doute plus de magasins de souvenirs et de tuk-tuks que d’habitants. Qu’à cela ne tienne : éloignez-vous un peu de l’artère principale bruyante et embouteillée, trouvez-vous un petit homestay dans la jungle tenu par une famille adorable, et profitez d’une vue imprenable depuis votre terrasse, entouré par les singes et les écureuils. Au Sri Lanka, le bonheur n’est somme toute jamais bien loin…

































