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Un peu d’histoire sri lankaise – suite

Goyambokka → Ella – 4 h de bus

Allez, revenons à nos moutons : la colonisation donc. Croyez-le ou non, ce sera loin d’être une partie de plaisir pour les Européens. On ne peut néanmoins guère les plaindre. Les Portugais arrivent dans la région dès le début du XVIème siècle, et impressionnent avec leurs cuirasses et leurs mousquets. Le roi de Kotte (juste à côté de l’actuelle capitale Colombo) devient plus ou moins leur marionnette. Ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être assassiné par trois de ses fils. D’où le fameux « Vos quoque filii » bien sûr. Au milieu de ce siècle, encore quatre royaumes cohabitent. Mais le souverain de Sitawaka, au sud, prend la couronne de celui de Kandy, au centre-est (qui demeure le royaume principal). Tandis que les Portugais, au centre-ouest, s’emparent de Jaffna, au nord. Plus que deux protagonistes. Et puis l’impensable se produit : en 1594, Kandy met une dérouillée aux colons portugais (une grande première pour eux), et sauve son indépendance !

Au XVIIème, un tout nouveau joueur débarque : les Hollandais ! En une cinquantaine d’années, ils font tomber tous les bastions portugais. Mais Kandy résiste encore et toujours à l’envahisseur. Les Français tentent alors brièvement leur chance. Ils ne tiendront pas trois mois…

Les choses ne changent guère au XVIIIème, si ce n’est que les Hollandais s’installent de plus en plus confortablement, et que côté Kandy le bouddhisme se renforce durablement. Mais voilà que les Français tiennent leur revanche, pas au Sri Lanka, mais en Europe : en 1795, la France révolutionnaire envahit les Provinces-Unies (les futurs Pays-Bas).

Ni une ni deux, nos amis britanniques, déjà en Inde et pas opportunistes pour un sou, s’emparent de toutes les possessions hollandaises sur Ceylan. Reste Kandy. Les Anglais galèrent, ils y mettent vingt ans, mais ils finissent par soumettre le dernier royaume : en 1815, pour la première fois de son histoire, l’île de Ceylan est unifiée sous une seule administration. Manque de pot, une administration d’envahisseurs.

En bons colons qui se respectent, ils vont confisquer les terres et établir de grandes plantations. L’île devient un fournisseur officiel de produits tropicaux. D’abord du café, puis l’hévéa (importé d’Amérique du Sud) fait son apparition, et surtout évidemment le thé, qui devient à la fin du XIXème siècle la principale exportation.

Au XXème, les Britanniques commencent néanmoins à lâcher un peu du lest, et les Ceylanais gagnent progressivement des sièges au Conseil législatif. Durant la Seconde Guerre Mondiale, le pays se range bien sûr du côté des Alliés, et va subir en retour les assauts des bombardiers japonais. Ce qui vaut à Ceylan une promesse d’indépendance de la part de Churchill. Il tient parole : elle a lieu le 4 février 1948. Enfin, l’île demeure quand même au sein du Commonwealth, faut pas déconner non plus.

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