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Bref aperçu

Nouméa

Je savais que sans véhicule, il ne me serait pas facile d’explorer la Nouvelle-Calédonie. Je savais aussi que mon compte en banque allait légèrement me rappeler à l’ordre dans le coin. Sur ces deux points, j’avais vu on ne peut plus juste. Je me serai donc contenté de Nouméa, d’un pique-nique à la campagne, et de la sublimissime île des Pins. Deux semaines ont été largement suffisantes pour cela, pour un coût similaire à l’Australie, mais en me nourrissant surtout de soupes chinoises lyophilisées.

Aucun regret néanmoins, car mon objectif en venant ici était avant tout de voir à quoi pouvait bien ressembler une île « française » à l’autre bout du monde. J’ai été on ne peut plus agréablement surpris. Lorsque l’on voyage sous les tropiques, on s’attend bien sûr aux cocotiers, aux plages de sable fin et aux lagons turquoises. Mais à force de côtoyer ces paradis terrestres, on finit aussi par faire abstraction de leurs « menus » inconvénients : villes chaotiques et polluées, trafic infernal sur des routes défoncées, maladies diverses, eau non potable, plages et océan jonchés de déchets plastiques, animaux errants faméliques, misère humaine, sollicitations permanentes, arnaques diverses… Je force un peu le trait, mais vous voyez l’idée. Après quelques jours, on ne voit de toute façon plus tout cela, juste une toile de fond.

Or en Nouvelle-Calédonie, l’absence de tous ces points noirs est on ne peut plus criante ! Alors certes les Kanaks ne roulent pas sur l’or, et les inégalités avec la population blanche sont assez flagrantes, mais au moins ils ont des dents et ne semblent pas tous diabétiques. Il y a bien quelques chiens qui errent sur l’île des Pins, mais on ne voit pas leurs côtes. Les boulevards de Nouméa sont denses aux heures de pointe, mais des feux tricolores font leur job, et le piéton ne risque pas sa vie à chaque instant. Les sentiers de randonnée sont balisés. Et il est possible d’observer une raie manta sans cinquante bateaux agglutinés autour de la malheureuse.

Donc oui, la vie est chère ici, mais ce n’est pas tout à fait sans raison ! Et je comprends les copains « zoreilles » qui ont franchi le pas, fatigué de la grisaille parisienne : avoir la possibilité de se prélasser au soleil toute l’année, avec des conditions de vie proches de celles de la métropole, c’est loin d’être déplaisant. À condition de ne pas avoir besoin ou envie de rentrer au lointain bercail tous les quatre matins…

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