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L’ogre et les champignons

Île des Pins

L’ogre Kapoangoa habite à Wétu, en-haut de Wémou. Quant aux champignons, les Tao, ils habitent à Batégué, avec leur chef Tami. Un jour, tous les Tao partent en quête d’une large perche en bois de bancoulier pour en faire un tyélya, le massif poteau planté au centre de la place autour duquel on danse. Car Tami avait décidé de faire une giga teuf, et lorsque la nuit vient, tous les Tao se mettent à chanter et danser.

Mais avec ce vacarme, Kapoangoa n’arrive pas à trouver le sommeil ! Il sort de sa case, se met debout pour écouter, et se rend compte que le boucan vient de Batégué. Impossible se dit-il, j’ai tué tout le monde à des kilomètres à la ronde ! Il s’empare de sa sagaie et de son casse-tête, et descend touuut doucement, sans faire de bruit.

Mais Tami a l’ouïe fine, et dit aux champignons « Voici Kapoangoa ! À mon commandement, vous devrez tous vous fixer sur le tyélya, tandis que je resterai au pied. » Alors quand Kapoangoa arrive, tous les champignons sont arrimés à la perche, du sommet jusqu’au sol. L’ogre ne voit personne sur la place, si ce n’est les traces des danseurs, qu’il frappe de dépit avec sa sagaie et son casse-tête. Puis il s’en retourne vers sa case, pour enfin dormir. Mais lorsqu’il y parvient, les chants et les danses ont repris de plus belle !

Il redescend alors, furieux. Tami répète la consigne aux Tao, mais précise que cette fois-ci, il se cachera dans une coquille de dia, un massif coquillage servant à éplucher les légumes. À nouveau, Kapoangoa ne voit personne, à nouveau il frappe les traces des danseurs, puis il finit par s’asseoir au pied du tyélya, se demandant bien ce qu’il se passe. Alors Tami lui coupe la tête avec son dia, et tous les champignons descendent ensuite du poteau pour découper l’ogre en petits morceaux, qu’ils mettent au four.

Mais quand après la cuisson les Tao ouvrent la porte du four, ils ne trouvent pas de chair, rien que les os et la tête. Ils reprennent donc leurs danses.

Conte traditionnel Kanak.

Note : j’ai plein de belles photos, mais il est tard, demain !

2 Comments

    • Vadrouilleur

      Oui je me suis douté que tu ne connaîtrais pas celle-ci ! :p Pour en avoir parcouru un certain nombre, c’est presque la plus censée (et la moins violente) des histoires kanaks !

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