Nouméa
Tandis que je continue de me balader dans Nouméa, arpentons un peu virtuellement ce vaste territoire d’Outre-mer qu’est la Nouvelle-Calédonie.
Avec près de 20 000 km² de terres émergées, celle-ci fait la taille d’une petite région métropolitaine comme feu la Picardie. Sans l’accent picard évidemment. Et avec nettement moins d’habitants : 264 596 selon le dernier recensement. Ceux-ci sont d’ailleurs très majoritairement concentré ici, dans l’agglomération de Nouméa, où vivent les 2/3 des Néo-Calédoniens. Le reste du territoire est peu ou prou vide. Il se compose principalement de la Grande Terre, alias Le Caillou, un massif quadrilatère de 400 km de long pour une cinquantaine de large. Mais aussi de trois grandes îles à l’est (les îles Loyauté, à savoir Ouvéa, Lifou et Maré – Lifou à elle seule est plus grande que la Martinique, mais n’est peuplée que de 10 000 habitants, l’idéal pour qui veut jouer à Robinson), d’une plus petite au sud (la mythique île des Pins, alias « l’île la plus proche du Paradis », où je vais aller faire un tour la semaine prochaine), et de tout un tas de confettis inhabités. La Grande Terre et l’île des Pins sont ceinturées d’une gigantesque barrière de corail de 1 600 km de long, délimitant un vaste lagon approuvé par l’Unesco.
La Nouvelle-Calédonie est une chouette aberration géologique, puisqu’il s’agit de la partie orientale d’un bloc continental (Zealandia) qui s’est détaché de l’Australie lors de la fin du super-continent Gondwana, il y a donc un petit 80 millions d’années ; et qui a commencé à lentement dériver vers le nord-est. Puis il y a 30 millions d’années, voilà que Zealandia affronte un colosse : la plaque Pacifique. Gros bordel, vous vous en doutez. Surgit alors des profondeurs la Grande Terre, résultat d’un complexe mécanisme de subduction et d’obduction (je vous laisse chercher). Résultat, de très vieilles roches se retrouvent comme par miracle à la surface. Et elles contiennent, pour le plus grand bonheur des compagnies minières, mais pour le plus grand malheur de l’environnement, une quantité invraisemblable de nickel, facilement exploitable…
Un petit mot pour finir sur la biodiversité néo-calédonienne : elle est exceptionnelle, avec de nombreuses espèces endémiques, notamment en ce qui concerne les plantes, les insectes, les oiseaux et les reptiles. Pour les mammifères, il faudra repasser, les seuls représentants sont des chauve-souris. Enfin, à part ceux que l’homme a emmené avec lui bien sûr, qui constituent aujourd’hui une menace conséquente pour cette biodiversité (chiens, chats, rats en tête), en compagnie du déboisement, des incendies encouragés par ce déboisement, et de l’exploitation minière, particulièrement polluante. Voilà, un territoire français certes, mais tout autant menacé que le reste de la planète. Avec simplement un peu plus de panneaux explicatifs…











