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D’une île à une autre

Nadi → Nouméa – 1 h 50 de vol

Une fois n’est pas coutume, je repars d’un pays sans l’avoir réellement exploré. Enfin, pas exploré géographiquement parlant. Car humainement, c’est une toute autre histoire. Le Pacifique-Sud a nourri l’imaginaire européen depuis deux siècles. Bien sûr on vient ici chercher des plages de sable fin, des cocotiers généreux, des coraux multicolores, une nature luxuriante et fleurie… Mais il n’est pas forcément nécessaire de traverser la moitié du globe et de passer deux jours en avion pour cela. Non, on vient finalement ici en quête de bien plus : une expérience hors-du-temps, une vie simple et authentique, un accueil inoubliable, une nonchalance enviable et précieuse. Le « Fiji time » n’est pas qu’une petite phrase destinée à amuser les touristes, c’est tout un concept de vie où les seuls horaires qui comptent, ce sont ceux des marées et du soleil. Pour nous autres occidentaux, habitués à consulter nos montres à tout instant, c’est quelque chose d’à la fois délicieux, mais aussi parfois de terriblement frustrant. Surtout lorsque l’on s’attarde ici plus que les deux semaines de rigueur. Difficile de prévoir quoi que ce soit au-delà de 24 h.

Un petit exemple ? Mon retour hier sur l’île principale de Viti Levu devait se faire avec le bateau du resort (au lieu d’un ferry hors-de-prix), qui part deux fois par semaine s’approvisionner sur le « continent », théoriquement le mardi et le vendredi. Il y a quelques jours, je demande donc si c’est toujours bon pour me ramener mardi prochain. Oui oui c’est bon. Enfin sûrement. Peut-être. Tout dépend si on doit aller faire les courses lundi ou mardi. D’accord… Et quand serai-je fixé ? Eh bien, lundi évidemment. Ne voyant aucun bateau partir lundi, je me dis donc que c’est tout bon pour moi ; mais le soir, pris d’un doute, je retourne à tout hasard en reparler à la manager. Qui m’informe qu’au final le bateau est parti ce matin (je ne l’avais pas vu), et que donc ils ne m’emmèneront pas demain. Super… Mais ne t’inquiète pas, il y aura sûrement un villageois qui pourra te prendre à son bord. Enfin, peut-être. D’accord… Et quand serai-je fixé ? Eh bien, demain évidemment. Et s’il n’y a pas de villageois ? Il reste le ferry bien sûr, en toute fin de journée… Pas l’idéal. J’ai donc dû négocier, et j’ai finalement trouvé un capitaine de barque (un ami, ça aide). Ce n’était qu’un exemple, mais globalement, tout est tout le temps comme ça. On s’en amuse souvent. On s’arrache les cheveux parfois.

Et puis aujourd’hui, j’ai finalement pris l’avion pour regagner la France. À peine deux heures de vol, trop facile. Oui vous l’avez compris, je ne parle pas de la France métropolitaine, mais d’un vaste archipel dont le destin n’est toujours pas très clair, et qui se remet tant bien que mal des violentes émeutes de l’an passé, j’ai nommé la Nouvelle-Calédonie. Il va falloir que je bosse mon français…

4 Comments

  1. Isabelle

    Bienvenu au pays.
    Tu as une petite-cousine en Nouvelle Calédonie ( fille de Pierre, le frère de papy Jeannot), mais je ne sais pas où !

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