Göteborg
Lorsque j’arrive à Göteborg il y a deux jours, mon hôte m’informe que ça risque d’être un peu le bordel en ville, car un groupe apparemment célèbre s’y produit, un certain Coldplay. Mon sang ne fait qu’un tour. J’aime beaucoup Coldplay. Alors à tout hasard je regarde s’il y a des places, n’y croyant pas trop. Eh bien oui : pas sur la billetterie officielle bien sûr, mais à la revente. Pas le tarif officiel bien sûr, mais un rein. Allez soyons fous, après tout des reins j’en ai deux.
La journée d’hier s’annonçait pourtant assez mal : pluie diluvienne toute la nuit, à l’avenant le matin. Lors d’une brève éclaircie, je me décide à partir explorer la ville. J’ai dû m’abriter sous un pont à mi-chemin, tandis que la pluie repartait de plus belle : aucune envie de passer une journée dans des chaussures qui font floc-floc. 1h30 sous ce pont, j’en connais la moindre fissure. Nouvelle éclaircie temporaire, le temps de sauter dans un musée, étonnant comme les musées sont remplis lorsqu’il pleut ! Et puis l’heure du concert approchant, le soleil a finalement décidé de s’inviter aussi à la fête, ouf.
Me voici installé dans les tribunes d’un stade magnifique, Ullevi, le plus grand du pays (qui, pour la petite anecdote, a failli s’écrouler à cause des vibrations lors d’un concert de Bruce Springsteen en 1985. Il a été un chouia renforcé depuis). Plein à craquer, 70 000 fans venus de toute la Suède, de la Norvège non loin, et même au moins un Français (je n’ai étonnamment pas vu de drapeau breton dans la foule, très rare). L’atmosphère est plaisamment électrique, entre excitation et impatience, qui grandit tandis que jouent les deux premiers groupes, sympathiques, mais dont, il faut bien le dire, tout le monde se fiche un peu. Et puis Chris Martin fait son entrée en scène, au milieu d’une foule extatique.
J’ai eu la chance d’assister à pas mal de concerts et gros festivals, mais jamais à un show d’une telle envergure. Deux (trop courtes) heures durant, nous nous en prendrons plein les oreilles et la vue : bien sûr chansons mythiques reprises en chœur par 70 000 voix en transe, c’est quand même la base d’un concert ; débauche de lumières et d’images ; explosions multicolores de confettis ; planètes géantes évoluant au milieu du public (la tournée s’appelle Music of the Spheres, ceci explique cela) ; et même des feux d’artifices, embrasant le ciel. Du très grand spectacle, dont on ressort un peu tourneboulé, chargé de puissantes émotions. Pour se retrouver bien sûr coincé au milieu de 70 000 personnes pressées de quitter le stade, petit plaisir final.
Pour ne rien gâcher, il faut signaler que le groupe est particulièrement engagé dans une démarche écologique, non seulement en soutenant de nombreux projets d’envergure à travers la planète, mais aussi en tâchant de limiter au maximum l’impact carbone de leur tournée mondiale. Je dis bravo ! Bon j’ai aussi pu noter en partant que le public suédois n’était malheureusement pas le public japonais, avec des tribunes transformées en un gigantesque dépotoir. La partie n’est pas encore gagnée…

Y a pas à dire, nos spectacles sont quand même plus intimes… mais tout aussi spectaculaires !
Tu veux dire que vous n’avez pas eu l’occasion de jouer devant 70 000 personnes ? Il faut sans doute pousser un peu plus la voix…
Impressionnant !
Très !