Salento
Un petit tour organisé aujourd’hui dans la vallée de La Carbonera pour observer une forêt de palmiers de cire, le spectaculaire arbre national colombien.
Il s’agit en toute simplicité de la plus grande espèce de monocotylédone au monde (car en l’occurrence non, les palmiers ne sont pas des arbres…), avec une soixantaine de mètres en moyenne, et jusqu’à quatre-vingt pour les plus imposants. On se rend parfois difficilement compte de leur taille impressionnante lorsqu’ils se dressent au-dessus de nos têtes, mais quand on en croise un qui a eu le malheur de choir, on ne peut que rester interdit devant cette immense tige dont l’extrémité se perd à l’horizon (oui j’exagère un chouia). Car évidemment comme tout palmier qui se respecte, tout gigantesque qu’il soit, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un tronc (un stipe en fait pour les monocotylédones) avec un bouquet de palmes à son lointain sommet…
Or si quelques siècles auparavant ce géant immobile s’étalait sans vergogne sur les pentes sableuses de la cordillère, la déforestation (pour transformer la région en banals pâturages) et les fabriques de bougies sont passées par là. Car si son bois ne présente guère d’intérêt, le stipe des jeunes palmiers est recouvert d’une cire blanchâtre parfaitement exploitable (destinée à le protéger des animaux, mais pas de l’homme malheureusement). Pour ne rien arranger, notre monocotylédone a besoin des oiseaux pour perpétuer son espèce, ses graines nécessitant une prédigestion avant de pouvoir germer. Or qui dit pâturages dit moins d’oiseaux, plus impossibilité pour les jeunes pousses d’échapper à l’appétit vorace des brouteurs, la croissance du palmier étant particulièrement lente durant les premières années de sa vie. Résultat des courses : il a progressivement disparu des paysages colombiens, pour ne subsister que sporadiquement dans quelques vallées, mais tout de même encore assez massivement… à La Carbonera, où je me trouvais donc aujourd’hui.
Mais alors par quel miracle cette vallée est-elle restée préservée me direz-vous ? Déjà de par son isolement : depuis Salento, j’ai dû faire deux bonnes heures de jeep sur une piste défoncée pour la rejoindre. Et si vous continuez de rouler, il vous faudra deux heures de plus pour rejoindre le prochain village. Ensuite et surtout car les FARC avaient élu domicile dans cette vallée. Eh oui je l’ai évoqué il y a deux jours : si la longue guerre civile a été un drame pour la population colombienne, la nature en revanche peut lui en être gré.
Combien de temps sera-t-il encore possible d’admirer ces merveilleuses plantes ? Difficile à dire. Car si elles sont aujourd’hui officiellement protégées, ce sera probablement le réchauffement climatique qui aura raison d’elles. Dans le doute, j’ai pensé que c’était sans doute le moment ou jamais d’aller les voir d’un peu plus près.






















































On comprend quand même que ces palmiers à cire aient été éliminés ailleurs : c’est quand même moche cette grande tige (stipe) toute droite avec un toupet ridicule au dessus. Qui voudrait avoir ça près de chez lui ? Comment ça l’esthétique c’est un peu subjectif ? Alors la nature n’aurait pas à être « belle » ? Une mésange bleue c’est beau. Un urubu noir… Excuse moi, mais qui a eu l’idée d’inventer cette espèce un jour ? Sinon, peut-être pour symboliser le « mal », le « diable » ! Le créateur n’a quand même pas eu toujours bon goût.
Ah c’est sûr que l’urubu noir, il attire moins les foules que le colibri…
Emmagasine visuellement le plus possible de trésors
Mémoire + photos, ça fera le taf