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Prolongations urbaines

Quito

Je sentais que je n’en avais pas vraiment fini avec Quito. Ou que Quito n’en avait pas vraiment fini avec moi, allez savoir. Je me suis donc offert un petit jour supplémentaire dans la capitale. C’est vrai qu’à crapahuter dans la montagne, j’en avais presque oublié la ville. Et pourtant c’est sans doute la plus belle capitale sud-américaine que j’ai croisé jusqu’à présent. Le cadre bien sûr y est pour beaucoup : coincée dans une étroite vallée, surplombée par une impressionnante chaîne de volcans, Quito s’arpente en trois dimensions. Rares sont les rues n’offrant pas une incroyable perspective sur les environs. Si vous voulez vous faire les mollets, et augmenter votre taux de globules rouges, vous êtes au bon endroit.

Comme si cela ne suffisait pas, la vieille ville est un véritable délice colonial, reconnu par l’Unesco. On peut arguer que cette période fut particulièrement néfaste pour les populations autochtones, mais ne boudons pas notre plaisir architectural. Fondée en 1534 par les conquistadores, la métropole s’est depuis fortement étendue, mais a réussi à particulièrement bien préserver son centre historique, entre façades ouvragées, larges places pavées et églises dégoulinantes de dorures. Le tout à la mode sud-américaine, avec sa foule bigarrée, ses vendeurs ambulants et ses policiers à chaque coin de rue. On est loin de la ville-musée. Les touristes ne sont pas si nombreux, la faute sans doute à la mauvaise réputation qui colle à la peau du pays depuis maintenant quelques années. Personnellement je ne me suis jamais senti en insécurité, même si comme souvent en Amérique Latine, on ne s’attarde guère dans les rues le soir…

Pour occuper cette journée supplémentaire dans la capitale, j’avais deux options. La Mitad del Mundo, une sorte de piège à touristes avec une ligne jaune symbolisant l’équateur, plus diverses statues, stands de souvenirs et pseudo-expériences (« Regardez, l’eau ne s’écoule pas dans le même sens de part et d’autre de la ligne ! » Bon sauf qu’en l’occurrence, la force de Coriolis ne s’applique qu’à des masses d’eau beaucoup plus importantes que celles contenues dans les deux malheureux éviers en exposition…). D’ailleurs le « vrai » équateur ne se situe même pas le long de cette ligne jaune, mais quelques centaines de mètres plus loin. Pas grave, l’important c’est d’y croire, et de pouvoir publier sa photo sur les réseaux. À noter que pour une raison qui m’échappe, ce lieu est le plus visité de l’Équateur, et tous les locaux que j’ai pu croiser me l’ont chaudement recommandé. Deuxième option : la maison-musée du peintre Guayasamin, le plus important artiste équatorien. En ce qui me concerne, un parfait inconnu. Mais les critiques étaient pour la plupart dithyrambiques, notamment pour sa « Capilla del Hombre », une chapelle monumentale non pas dédiée à un dieu quelconque, mais à l’Homme, et notamment aux 70 millions d’indigènes sud-américains assassinés et 50 millions d’esclaves africains déportés. Un joyeux programme. Au final j’ai opté pour l’art, je me suis dit que je pouvais me passer de lignes jaunes… Aucun regret.

6 Comments

  1. P'pa

    Pas rencontré de Trumpiste à Quito ? N’oublions pas que les trumpistes sont une large majorité sur la planète. Les aberrations c’est nous. Ça ne nous rassure pas pour autant.

    • Vadrouilleur

      C’était ma première trumpiste aussi assumée, il y en a sans doute d’autres parmi les gens que je croise, mais ils ne le crient pas sur les toits… Pas sûr que le bonhomme orange ait tant que ça la cote en Amérique Latine !

  2. Jean-Marie Perrot

    Effectivement, j’aurais apprécié et retrouvé l’esprit de German Becerra. J’avais entendu parler de Guayasamin et peut-être vu de ses œuvres mais je ne connais pas. Je vais approfondir après tes super documents photo. J’aime bien ce cubisme parlant et pourtant très sensible. Merci 🥰 et bonne continuation !

    • Vadrouilleur

      Oui du cubisme très parlant et sensible, c’est exactement ça ! Si on t’avait lâché dans sa maison, tu aurais rempli une carte SD de photos ! 🙂

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