Quito
Vous savez comment ça marche : on se réveille en forme, on se dit qu’on irait bien voir Quito d’en haut via un téléphérique, et on se retrouve finalement à escalader un volcan de 4 696 m…
Les montagnes sous les tropiques, c’est quand même assez magique. Chez nous, même en plein été, on patauge dans la neige au-dessus de 3 500 m, et il faut chausser les crampons à partir de 4 000 m. Ici, les glaciers démarrent vers 5 000 – 5 500 m, quelle que soit la période de l’année (et, réchauffement climatique oblige, ils fondent en plus à vue d’œil). Ce qui fait une sacré différence en terme d’accessibilité.
Pas de neige en l’occurrence autour de Quito, puisque la capitale se trouve à l’ombre du complexe volcanique de Pichincha, avec deux sommets principaux : Rucu Pichincha (4 696 m), le plus proche de la ville, éteint depuis longtemps ; et Guagua Pichincha (4 776 m), quelques kilomètres plus à l’ouest, un massif stratovolcan toujours actif – dernière belle éruption en 1999. Pour la petite anecdote historique, c’est le 24 mai 1822, sur les flancs du Guagua, à 3 500 m d’altitude, que l’ultime bataille pour l’indépendance de l’Équateur va se jouer, bataille qui tournera bien sûr en la faveur des « patriotes ».
Personnellement, aujourd’hui c’est le Rucu qui m’intéresse, puisqu’un téléphérique en périphérie de Quito permet pour quelques dollars de grimper en 15 minutes à près de 4000 m, offrant une vue spectaculaire sur la cité tentaculaire. Ne vous précipitez pas là-haut dès votre arrivée en Équateur néanmoins, au moins deux nuits d’acclimatation sont nécessaires… De là-haut, il est en théorie possible de rejoindre le sommet du Pichincha. Mais un guide est fortement recommandé, des bandits sévissent toujours potentiellement dans la montagne, et la saison n’est pas optimale, avec un temps très changeant, d’autant plus en altitude. Je m’étais donc fait une raison : quelques photos à 4000 m, une petite balade histoire de voir à quoi ça ressemble, et demi-tour.
En arrivant, le temps est plutôt maussade, et le sommet bien engoncé dans les nuages, me confortant dans ma décision. Sauf qu’on est dimanche, et que les Quiténiens sportifs aiment bien aller se dégourdir les jambes dans la montagne (ou juste prendre quelques selfies pour les moins sportifs). Ce qui résolvait d’un coup deux problèmes : pas besoin d’un guide pour trouver son chemin ; et aucun risque d’agression sur un voyageur isolé… J’ai donc commencé par aller voir ce qu’il y avait un peu plus haut. Puis encore un chouia plus haut. À cette altitude, le souffle est court bien sûr, mais pas de malaise à l’horizon. Et par chance, plus je m’élevais, plus les nuages faisaient de même, dégageant une voie royale jusqu’au sommet. Arrivé devant le mur final (j’ai loupé le chemin « facile »), je suis prêt à renoncer, mais un couple accompagné d’un guide me propose de les suivre dans le court passage d’escalade. Et me voici finalement à 4 696 m, sous un beau ciel bleu, avec une vue évidemment incroyable. Le retour sera ensuite une partie de plaisir…
À noter qu’il est possible d’emmener son compagnon canin dans le téléphérique. Et pour les plus motivés, jusqu’au sommet. C’est assez étonnant de partager ce moment en compagnie de toutous excités !




































Sur la photo, ce n’est pas le vrai téléphérique ? Parce que ça fait un peu « jouet pour enfant »…
Hmm non je ne serais pas monté dans celui-ci effectivement… Le vrai inspire plus confiance ! Celui de la photo n’est là que pour Instagram ! 🙂
4696 m de dénivelé en 2 jours . Pas mal !
Bon je n’en ai fait que 700 à pied ! :p