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Thrace ta route

Primorsko

Petite exploration aujourd’hui des ruines d’une résidence jamais terminée commandée par Todor Jivkov, l’ex-dictateur. Sa voyante lui avait conseillé de construire ici à cause de la proximité de Beglik Tash, un important site mégalithique thrace situé sur la colline juste derrière, forcément bourré d’énergie cosmique. Je suis donc aussi allé y faire un tour. Bon il était surtout bourré de familles bulgares venues se dégourdir les jambes. Enfin façon de parler, puisque c’était à qui se garerait le plus près possible du site, accessible via une petite route puis un étroit sentier que l’on jurerait non carrossable. Mon bas de caisse défoncé ? Bah, pas grave, du moment que je n’ai surtout pas à marcher plus de 50 mètres… À part ça l’humanité pète la forme !

Et ils faisaient quoi là-haut les Thraces ? Eh bien ils vénéraient la Déesse-Mère pardi ! À grand coup de sacrifices (pas humains je précise, ne vous emballez pas) et de rites initiatiques. Enfin on suppose. Parce qu’au final on ne sait pas trop, peuple mystérieux, religion mystérieuse. A priori ils étaient adeptes d’une forme d’orphisme, un courant religieux hellénique (qui vient bien sûr du héros Orphée) assez original : à cause d’une souillure originelle, l’âme est condamnée à la réincarnation perpétuelle, sauf à être initiée, ce qui permet de briser le cycle et de rejoindre enfin le divin. Évidemment l’initiation n’est pas si simple, ce n’est que bien plus tard que l’on a décidé de créer des religions pour les noobs : allez, vie éternelle pour tous après la mort dans la joie et la bonne humeur, c’est cadeau !

Et Orphée donc, vous connaissez ? C’est le fils du roi de Thrace Œagre et de la muse Calliope. Forcément un peu poète, un peu musicien, un peu prophète. Plutôt beau gosse. Il a une jeunesse aventureuse avec les Argonautes, et sauve ses compagnons des viles sirènes grâce à la puissance de son chant. Mais ce qui va le rendre célèbre est nettement plus tragique : le jour même de ses noces, sa fiancée Eurydice est bêtement mordue par un serpent venimeux, couic. Fou de chagrin, Orphée part la chercher aux Enfers, endort Cerbère grâce à sa musique, et tente une négo avec Hadès. Pas si mauvais bougre, le dieu des Enfers accepte, à condition qu’Eurydice suive Orphée en silence, et que le héros ne se retourne pas tant qu’ils ne seront pas revenus dans le monde des vivants. Ça paraît simple comme ça. Mais nan, évidemment il se retourne juste avant la fin, pour voir son amour disparaître à jamais… Il ne s’en remettra jamais. Dur la vie de héros greco-thrace.

5 Comments

  1. Peggy NEVEU CODOGNES

    Toujours impressionnant les sites avec ses rochers !
    Encore merci pour tes précisions et le partage de savoir.

  2. P'pa

    S’il y a un côté où les progrès de l’humanité sont particulièrement mince, c’est bien côté religion. Les sacrifices humains sont toujours de mise. C’était le bon temps et on continue.

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