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Une affaire de choix

Obzor → Nessebar – 60 km

Qu’on se le dise, le voyageur indépendant passe son temps à prendre des décisions, plus ou moins anodines. À deux ou en groupe, tout est dans le compromis. En solo, personne d’autre que vous à blâmer.

Mon étape du jour par exemple, Nessebar, une incroyable presqu’île occupée continuellement depuis l’Antiquité, célèbre pour ses très nombreuses églises du Moyen-Âge, certaines en ruines, d’autres à peu près conservées, le tout extrêmement photogénique (et touristique à l’avenant, fort plaisant d’être là en octobre). Eh bien déjà il a fallu placer cette ville sur mon parcours, avec un découpage qui ne tombe pas toujours très bien (ça m’aurait arrangé qu’ils bâtissent Nessebar 30-40 km plus au nord, mais non…). Et puis j’ai dû faire quelques choix cornéliens.

Décision n°1 : le logement (il y a deux jours).

Choix A : La ville nouvelle, sur le continent. Station balnéaire sans aucun charme, mais plus d’options, moins cher, des plages à proximité, et je n’ai qu’à marcher un chouia pour rejoindre la vieille ville.

Choix B : La presqu’île. Un peu plus cher, un peu mort hors-saison, mais je n’ai qu’à sortir de ma chambre pour m’en prendre plein les mirettes.

B, la B !

Décision n°2 : l’itinéraire (ce matin).

Choix A : La nationale. Le plus court chemin, un bon revêtement. Mais une file presque ininterrompue de bagnoles et camions.

Choix B : Les p’tites routes. 15 kilomètres de plus, un élevage intensif de nids-de-poule. Mais normalement peu de monde.

Peut-être le choix le plus dur. Sachant que j’en ai un peu plein le dos du trafic et des routes pourries (généralement c’est l’un ou l’autre…). Allez motivé, ce sera aussi la B ! (J’ai un poil plus regretté ce choix-là, surtout après m’être fait courser par plusieurs clebs, on en croise moins sur les nationales…).

Décision n°3 : la bouffe (ce soir).

Bon là je ne vais pas lister tous les choix, ils sont pléthoriques (oui finalement même hors-saison…). Évidemment on n’est pas ici sur une décision dont dépendra l’avenir de l’humanité, mais étant donné que c’est mon seul vrai repas de la journée, l’enjeu n’est pas négligeable. J’avoue me baser pas mal sur les commentaires clients, sachant que moi-même je n’en laisse jamais et que je conspue cette société de la notation permanente, on n’est pas à une contradiction près…

Voilà, une vie faite de dilemmes infernaux, tel est le cruel destin du voyageur, qui doit quotidiennement se résigner à ne pas avoir le beurre et l’argent de sa vente. Dur !

Note : cet article est écrit avec une certaine dose d’ironie, l’auteur a parfaitement conscience de sa situation extrêmement privilégiée.

8 Comments

  1. Perrot Isabelle

    Cruel destin du voyageur !!!… Je croyais que tu réalisais tes rêves 🤣 ! Les rêves tournent parfois aux cauchemars ? C’est ça ?
    Quant au aux clebs accrocs des milliers cyclistes…je te donne la technique que l’on improvisait quand on s’entraînait : la pompe à vélo ! Sur le museau, ils n’y reviennent pas deux fois !
    En tout cas, merci de nous préparer le terrain pour une future escapade en camion du côté delà Grèce.
    Oh zut, j’ai écrit sur le téléphone d’Isabelle…

    • Vadrouilleur

      Le coup de la pompe à vélo ça veut quand même dire qu’ils sont déjà beaucoup trop proche ! Perso j’aboie plus fort qu’eux, ils hésitent, du coup je prends de l’avance !

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