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Vraiment seul sur le sable

Constanța → Vama Veche – 60 km

Dernière étape roumaine, à vélo, quand même. Une bonne synthèse d’ailleurs des autres étapes : duels contre des camions sur des 4 voies mortelles ; duels contre des nids-de-poule sur des routes de terre poussiéreuses ; duels contre des meutes de chiens, parce qu’un chien devient totalement débile en présence d’un vélo. J’ai presque tout gagné, sauf ma voix, à force d’aboyer.

À noter la traversée ce matin du canal Danube – mer Noire, ouvrage pharaonique réalisé durant la période communiste, au prix de la vie de milliers de prisonniers politiques employés de force (sur une suggestion de Staline, qui s’étonnait que la Roumanie ne fasse pas usage de cette main d’œuvre jetable et renouvelable à volonté). Encore un projet qui a ruiné le pays, mais les initiateurs espéraient pouvoir rentabiliser le chantier en 50 ans, c’est raisonnable. Bon il s’avère qu’au rythme actuel il faudra plutôt 600 ans, tout de suite moins intéressant…

Et puis voilà, je me promène avec un brin de nostalgie sur une plage totalement déserte, dernier touriste d’un petit village qui multiplie sa population par 100 chaque été, et qui tombe en léthargie le reste de l’année. J’ai trouvé de quoi me nourrir, mais tout juste, heureusement que l’on est vendredi, il y a encore quelques citadins voisins qui viennent respirer un peu d’air iodé.

Cette fois la Roumanie, c’est fini (oui oui comme Capri), après tout pile trois semaines, un record depuis l’Espagne. 13 étapes, mais seulement 10 à vélo, le train a été mon ami. Car si la culture est riche, la nature est belle, les rencontres faciles et généreuses, pour ce qui est de pédaler, je me serai nettement moins amusé. J’aurai pris mon temps, généreusement arpenté la Transylvanie, pour autant je repars d’ici avec une certaine frustration, le sentiment d’avoir loupé quelque chose, de n’avoir fait qu’effleurer un pays méconnu d’une incroyable richesse. Il me faudra revenir (sans vélo). Allez explorer le delta du Danube, les Maramureș, la Bucovine. Et me faire greffer un traducteur automatique.

4 Comments

  1. Perrot Isabelle

    On est passé du petit dico de poche au traducteur Google, on va bien arriver à progresser encore…
    C’est vrai que c’est incroyablement frustrant la barrière de la langue, mais n’est-ce pas aussi un des plaisirs du voyage, cette inconnue -là, aussi ?

    • Vadrouilleur

      Parfois oui, parfois non. Agréable de se perdre au milieu de sons inconnus, de communiquer uniquement avec les mains et les sourires. Mais parfois pénible de ne pas pouvoir approfondir !

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