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Roumain des villes, Rom des champs

Rupea → Brașov – 70 km

Pour beaucoup de mes compatriotes, Roms et Roumains, c’est kif-kif : ce sont ceux qui nettoient ton pare-brise aux feux rouges en échange d’une piécette (oui je fais dans le gros cliché raciste, mais malheureusement pour de nombreuses personnes ce n’en est pas un…). Si les termes certes se ressemblent, ils désignent pourtant deux groupes ethniques complètement différents.

Les Roms (ou Tsiganes) sont un peuple nomade originaire d’Inde. Ils débarquent en Europe, et plus particulièrement en Roumanie à partir du XIVème siècle, en suivant les Mongols ou les Tatars qui déferlent depuis l’Asie. À l’instar des Juifs, et de manière générale comme la plupart des minorités vivant en communautés, ils vont souffrir dès leur arrivée de stigmatisation, de discrimination et d’un racisme systémique. Sauf que contrairement aux Juifs, lettrés, qui peuvent prétendre accéder à des métiers qualifiés, les Roms sont souvent cantonnés aux métiers ingrats, formant la classe la plus basse de la société. Ils sont même pendant quelques siècles plus ou moins esclaves des boyards et des monastères. Tandis que les consciences commencent à changer au XIXème, ils finissent par obtenir les mêmes droits que les « sédentaires » en 1923. Pour rapidement subir ensuite la Porajmos, à savoir l’extermination par le régime nazi. Durant l’ère communiste, on tente de les sédentariser de force (il y avait des maisons de libre avec le départ massif des Saxons de Transylvanie…). Puis à la chute du régime, d’anciens directeurs de kolkhozes, devenus par magie PDG d’entreprises agro-alimentaires, se servent des Roms demeurés nomades en les installant à droite à gauche pour éviter de rendre les terres aux paysans roumains spoliés (la loi protégeant les cultivateurs occupant le terroir contre les revendications de propriétaires antérieurs). Ce qui a renforcé le ressentiment de la population envers les Roms (avec quelques pogroms à la clé), qui n’avaient bien sûr rien demandé à personne… Un beau chemin de croix non ?

Alors depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne et l’ouverture des frontières, une petite partie de la communauté se dit qu’il est peut-être temps d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, en France notamment. En l’occurrence non, la stigmatisation et la discrimination semblent tristement universelles. Sauf que malgré tout, pour une grande partie de la communauté, l’intégration a fini par se faire en Roumanie. Car aujourd’hui les Roms représentent environ 10% de la population, soit 2 millions d’habitants, mais seulement 600 000 se revendiquent comme tels. Les autres sont devenus tout simplement Roumains.

Note : Juste parce que l’actualité fait écho à mon article sur le futur des transports, quand on a le bonheur d’avoir un prézident qui déclare dans son dernier discours : « On est attachés à la bagnole. On aime la bagnole. Et moi je l’adore. » (sans trucage) ; et que le lendemain l’Europe cède aux lobbys automobiles (notamment les lobbys français et italiens) en abandonnant l’idée de demander des efforts supplémentaires sur les niveaux d’émissions ; je me dis que mon rêve est loin, très loin de se réaliser. Frustrant. Et inquiétant.

4 Comments

  1. Perrot Isabelle

    Ça c’est sûr qu’on ne fait rien pour pouvoir se passer de la voiture. Nous voulions redescendre dans le sud en train. Et bien, impossible. Le seul train possible complet ! Et aucun train de nuit.
    Le bus, un jour et demi de trajet …pas de BlaBlaCar et nous voilà à nouveau dans notre voiture….

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