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Vlad l’Empaleur

Mediaș → Sighișoara – 50 km

Me voici dans la ville où est né Vlad III Țepeș, alias « l’Empaleur », charmant voïvode de Valachie, qui aurait inspiré le personnage le plus célèbre de Bram Stoker, Dracula (c’était d’ailleurs un autre petit surnom de Vlad, Drăculea, « Fils du Diable »). Bon en l’occurrence Vlad est plus vraisemblablement né à Târgoviște, comme tout bon prince de Valachie qui se respecte, mais la légende moderne veut que ce soit à Sighișoara. Il faut dire que la ville, au centre médiéval superbement conservé, s’y prête bien.

Vlad naît donc aux alentours de 1430, en plein dans une période pas fofolle : l’Empire Byzantin vit ses dernières années, encerclé par les forces de l’Empire Ottoman, qui grignote petit à petit les territoires du sud-est de l’Europe. La Valachie de son côté résiste encore et toujours à l’envahisseur, soit en guerroyant, soit en payant un tribut. Le père de Vlad III, Vlad II le Dragon, était lui plutôt partisan du tribut, ce qui fait que le jeune Vlad (oui on s’y perd un peu dans les Vlad) va passer toute sa jeunesse dans une prison dorée turque, en gage de bonne volonté (c’était un noble, on ne met pas les nobles dans un cul-de-basse-fosse). Son père ayant été assassiné par son concurrent direct au trône, Vladislas II (bon c’est un peu galère les prénoms, je vais plutôt l’appeler Méchant), Vlad III quémande une petite armée au sultan pour aller botter les fesses de Méchant. C’est un échec. Il va ruminer pendant quelques années, et profite d’un concours de circonstances qui le met à nouveau à la tête d’une armée pour retenter sa chance. Cette fois c’est bon, il massacre Méchant sur le champ de bataille, et s’empare du trône de Valachie en 1456.

Pendant six ans, il va consolider son pouvoir, en achetant ou éliminant tous les boyards (les nobles, rien à voir avec un quelconque fort) récalcitrants. Mais il prend peut-être un peu trop la confiance, car en 1462, avec le soutien de la Hongrie, il décide d’aller massacrer quelques turcs. 30 000 tout de même. Ça ne plaît pas vraiment au sultan, qui décide que le frère de Vlad, Radu le Beau, ferait un bien meilleur prince de Valachie. C’est donc parti pour une guerre fratricide où tous les coups sont permis, notamment une célèbre petite attaque de nuit menée par l’Empaleur afin de mettre le feu au camp ennemi. Il semblerait par la suite que l’armée ottomane, en arrivant dans la capitale valaque, ait découvert une forêt de soldats empalés. D’où le petit surnom (mais les mythes sont nombreux autour de Vlad, pas évident de démêler le vrai de la légende). Autre fait d’arme légendaire : alors que Radu et les Turcs s’apprêtent à donner l’assaut final sur la forteresse de Poenari, Vlad s’échappe à travers la montagne en ferrant ses chevaux à l’envers, afin de faire croire à une arrivée et non un départ, ruse désormais éculée.

L’ex-prince est en tout cas un peu tricard : pensant trouver des alliés en Transylvanie (alors hongroise), ceux-ci retournent leur veste, reconnaissent la légitimité de Radu, et Vlad va finalement passer quelques années en prison. En sortant, il tentera sa chance une dernière fois en Valachie en 1476, mais il finira décapité dans des circonstances nébuleuses, sa tête finissant exposée sur une pique.

Le personnage va entrer dans la légende dès son vivant, et elle perdurera à travers les siècles. On prête à l’homme un goût prononcé pour les massacres en tout genre. Mais cette légende a principalement été créée de toute pièce par ses ennemis, à savoir les boyards et surtout Matthias Corvin, le grand dirigeant hongrois de l’époque, pour mieux justifier d’avoir lâché Vlad après la victoire des Ottomans.

Toujours est-il que de nos jours en Turquie, le nom de Vlad Țepeș est toujours utilisé pour faire peur aux jeunes enfants qui ne veulent pas aller dormir…

2 Comments

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