Menu Fermer

367 pieds sous terre

Cluj-Napoca → Turda – 40 km

S’il y a bien une corvée dont je ne suis pas spécialement fan, c’est l’entretien de mon vélo. Or même si j’en ressors bien souvent couvert de cambouis, le nettoyage est pourtant régulièrement nécessaire, surtout quand je me prends des trombes d’eau dans la tronche, et que l’engin se met à couiner de partout. Je m’y étais donc mis hier bon gré mal gré, avec tout de même la satisfaction finale d’un vélo reluisant.

Il sera resté reluisant environ 20 minutes aujourd’hui, jusqu’à ce que de nouvelles trombes d’eau me tombent dessus. Il y a des jours comme ça…

Pas grave, pour me changer les idées, j’avais prévu de visiter les mines de sel de Turda, après avoir découvert en Pologne que c’était cool des mines de sel. Eh bien celles-ci n’avaient pas grand-chose à voir, et c’est finalement tant mieux. À Wieliczka, tout avait été mis en œuvre pour rendre le lieu féérique, à base de sculptures, d’illuminations subtiles, de couloirs labyrinthiques. Tellement labyrinthiques d’ailleurs qu’il n’était pas possible de visiter seul les lieux, il était obligatoire de se greffer à un groupe encadré par un guide, qui cavalait méchamment : il fallait choisir entre écouter ce qu’il avait à dire ou prendre quelques photos.

À Turda, on vous ouvre la porte d’entrée, et puis basta, à vous de vous débrouiller. Pas très compliqué pour commencer : un long, très long couloir, qui semble ne jamais devoir s’arrêter (presque un kilomètre tout de même !), et dont les murs blanchissent à mesure que vous vous enfoncer dans les entrailles de la terre. Grattez, goûtez : pas de doute, c’est bien du sel. Ce couloir sert en fait à relier quatre différentes mines. Une mine, c’est finalement juste un gros trou : on commence par découper des blocs de sel juste sous ses pieds, sur une surface donnée ; on achemine les blocs à la surface ; on recommence. Quand on atteint une profondeur au-delà de laquelle ça commence à être pénible de remonter (ici une centaine de mètres), on recommence à creuser un autre trou un peu plus loin.

Il nous est possible à Turda de descendre visiter le fond de deux mines. Via un vieil escalier de bois ou un ascenseur. Des panneaux nous encouragent à prendre les escaliers en vantant les bienfaits pour notre santé… Mais ça n’aurait pas été drôle de descendre dans un trou vide, alors ici, point de sculptures ou de chapelles mais… une sorte de parc de loisirs ! Dans la première mine, boutique, tables de ping-pong, billards, mini-golf, toboggans, et bien sûr, indispensable, une grande roue (en panne). Dans la deuxième, un lac souterrain, et la possibilité de louer des barques pour s’y promener. Oui car en bonne fête foraine qui se respecte, chaque activité est évidemment payante… En tout cas ce petit parc, qui finalement à la surface n’aurait strictement aucun intérêt, s’avère complètement magique à 367 pieds sous terre, couvert de sel et à la lueur de quelques lampes. Un lieu tout bonnement incroyable.

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *