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Bon vieux temps

Spišské Podhradie → Košice – 65 km

J’ai eu la chance de tomber hier sur un hôte particulièrement sympathique, avec lequel j’ai pu pas mal échanger, puisqu’il parlait un anglais certes limité mais très dynamique (en prime aidé par ses grands enfants lorsqu’il bloquait trop sur un mot). Il m’a gentiment proposé une « girlfriend », mais j’ai décliné sa proposition. Surtout ce matin avant de repartir, nous avons eu une petite conversation qui m’a donné à réfléchir. Il évoquait avec nostalgie la période communiste, qui s’est achevée en 1989 (sachant que la Slovaquie s’est ensuite séparée de feu la Tchécoslovaquie le 1er janvier 1993 – je n’ai pas fait de rappel d’histoire-géo, vous y avez déjà eu droit dans Chroniques Européennes).

Il regrettait notamment le côté extrêmement égalitaire de cette période, où grâce à un fort interventionnisme d’état, tout le monde bossait, avait la même maison et roulait en Škoda. Tandis qu’aujourd’hui, à l’ère du capitalisme débridé, certes certains s’en sortent bien, mais le travail manque, et les inégalités sont plus criantes que jamais, notamment à cause d’une corruption systémique. Alors évidemment la corruption existait aussi sans doute dans les temps anciens, mais elle se devait d’être plus discrète. Et bien sûr il ne fallait pas trop se mêler de politique (sauf à intégrer les rangs du parti unique), ne pas trop remettre en question la propagande d’état (du moins pas en public), ou encore avoir le malheur de faire partie d’une minorité ethnique, sexuelle ou religieuse. Mais il est probable qu’effectivement, pour une grande majorité de la population, la vie ne devait pas être si horrible.

Une bonne leçon qui nous rappelle que sur le papier, la doctrine communiste est assez formidable, et peut vraiment déboucher sur une forme d’utopie sociétale. Mais que malheureusement elle a systématiquement été dévoyée par des régimes totalitaires qui n’y ont souvent vu qu’un moyen d’asservir et de contrôler la population. Ce qui n’empêche pas d’en garder des bons souvenirs…

À noter qu’aujourd’hui j’ai croisé la route de deux villages roms, bidonvilles de tôle à la misère frappante, où les enfants jouent gaiement au milieu des cochons et des piles de détritus (sans exagérer). Les Roms forment une minorité assez importante en Slovaquie. Pour eux, sous quel régime politique fait-il bon vivre ?

4 Comments

  1. Perrot Isabelle

    C’est vraiment que entre ses deux voisins, la vivante Pologne et l’opulente Autriche, la Slovaquie nous a parue un peu « tristoun… »

  2. Perrot JM

    Quelle altitude le sommet des cols ? Bon courage, la Hongrie n’est pas loin.
    On a roulé dans la Wachau. C’est vrai que c’est pas mal. Pas eu le temps de goûter le vin, ni d’en acheter.

    • Vadrouilleur

      Oh ça ne monte pas si haut là où je suis passé, 800m, pour des sommets autour de 1200m. C’est plus costaud dans les Tatras ! Dommage pour le vin… 🙂

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