Ping’an → Guilin → Zhangjiajie → Wulingyuan – 2 h en voiture, puis 7 h de train, puis encore 30 min en voiture
Voilà, j’ai fini par rattraper mon retard de blog, je peux désormais me consacrer aussi aux quelques articles didactiques qui accompagnent traditionnellement la découverte de chaque nouveau pays, à commencer par une petite leçon de géographie.
Je ne vous apprends rien, la Chine est un grand pays. C’est même le deuxième plus grand pays du monde. Ou le troisième. Ou le quatrième. Tout dépend de certains critères, de frontières fluctuantes… La compétition sur ce point est féroce avec le Canada et les USA. Globalement, une petite vingtaine de fois la taille de la France ! En revanche pour ce qui est de la population, il n’y a pas photo, on a bien affaire à un numéro 2, puisque la Chine s’est faite voler sa 1ère place par l’Inde il y a quelques années. Le troisième est loin, très loin. Quant à la puissance économique, eh bien là encore numéro 2, les USA s’accrochent. Pour combien de temps ? Bref, un pays hors-normes, qui met à mal la plupart des superlatifs.
Forcément une telle superficie s’accompagne d’une immense diversité de paysages et de climats. Le pays est fortement montagneux, et le relief va globalement en diminuant d’ouest en est. Au nord, on trouve déserts et vastes steppes glacées. L’immense plateau tibétain, au sud-ouest, occupe un quart du territoire chinois, avec une altitude moyenne de 4 000 m. Forcément, plutôt vide. C’est là que le toit du monde, le mont Everest, est partagé avec le Népal. Au centre et au sud, on trouve un ensemble de montagnes moyennes à la morphologie complexe, le lieu de vie de dizaines de minorités. Enfin à l’est, d’immenses plaines humides hébergent la majeure partie de la population chinoise (les Han en somme), et concentrent l’essentiel de l’industrie. C’est là que les principaux fleuves du pays étalent leurs langoureux méandres, notamment le fleuve Bleu (Yangtsé) et le fleuve Jaune, ce dernier ayant vu naître la civilisation chinoise.
Plus classiquement, le climat va de subarctique au nord (latitude équivalente à celle de Berlin, mais sans le Gulf Stream) à subtropical au sud (latitude équivalente à celle de La Havane), tout l’est du pays étant soumis à un phénomène de mousson. L’ouest ne voit en revanche guère la couleur de la pluie. Fait amusant, c’est surtout l’hiver que les températures varient grandement, pouvant descendre à -30°C dans le nord, alors qu’elles ne passent que rarement en-dessous des 10°C dans le sud. L’été, il fait plutôt chaud partout. Sauf au sommet de l’Everest bien sûr, n’essayez pas de vous y promener en t-shirt.
Pour ce qui est enfin du volet « environnement », la situation est, pour une fois, presque encourageante. Il y a 10-15 ans, le tableau d’ensemble était particulièrement noir, avec des villes, des sols et des fleuves massivement pollués, une avancée inexorable des déserts au nord, et globalement une espérance de vie en chute libre… Le gouvernement a alors dit stop. L’ « avantage » d’un gouvernement autoritaire. La plupart des véhicules thermiques ont disparu au profit des véhicules électriques. Les entreprises polluantes se sont vues obligées de filtrer massivement leurs émissions. Un mix d’énergies renouvelables est en train de progressivement remplacer le charbon pour la production d’électricité. Mise en place d’un moratoire sur la pêche dans les fleuves, plantation massive d’arbres en lisière du désert… Et force est de constater que tout cela semble fonctionner. L’air des villes est parfaitement respirable. Les ressources halieutiques ont retrouvé leur niveau d’avant la révolution industrielle. Et le désert a cessé d’avancer. Si le combat est encore loin d’être gagné, c’est tout de même un signal positif fort, plutôt rare sur une planète qui ne semble pas encore vraiment prendre la mesure du cataclysme qui arrive.
Note : pas de photo aujourd’hui, puisque pas d’occasion de prendre des photos, une journée de transfert quoi…