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Le sommet des Dieux

Nuwara Eliya → Nallathanniya – 1 h 30 de bus, puis 1 h, puis 25 min

Une rue étroite encombrée de tuk-tuks, quelques maisons à toits de tôles, des plantations de thé de part et d’autre d’une petite rivière coulant au fond d’une étroite vallée. Un village de montagne sri-lankais comme les autres ? Tiens, un stand de sucreries. Oh, et puis un autre. Un stand de moufles et de bonnets. Suivi par un de bondieuseries. Euh, puis des nounours ? Re des stands de sucreries. Par dizaines. Pas un village comme les autres non. Bienvenue à Nallathanniya (ou Dalhousie), au pied de Sri Pada, alias « le pied sacré ».

Cette montagne qui se détache à l’horizon, c’est l’un des plus hauts sommets du pays (2 243 m), mais surtout le plus important site de pèlerinage sri-lankais, ayant le mérite de s’adresser à toutes les religions. Au sommet, abrité sous un temple, il est possible de (vaguement) distinguer dans la roche ce qui, sous un certain angle, pourrait ressembler à une empreinte de pied géant. Bon, vous n’avez que quelques secondes pour cela, car il y a foule. Cette empreinte appartiendrait à Bouddha. Du moins, pour les bouddhistes. Car pour les hindous, c’est celle de Shiva. Pour les musulmans comme pour les chrétiens, il s’agit en fait du premier pas d’Adam après son éviction manu militari du Paradis. Et pour les non-croyants, c’est simplement l’occasion d’aller faire une jolie balade, et de regarder le soleil se lever depuis le sommet de la montagne.

Cela dit, même le païen que je suis ne peut pas rester insensible à la ferveur presque palpable qui se dégage de cette foule de pèlerins frigorifiés et en sueur, épuisés par la rude ascension de plus de 5 500 marches qui leur aura pris entre 3 et 5 heures (ou 2 heures, si vous enchaînez les randonnées depuis 3 ans). Si pour vous la montagne rime avec solitude, ne venez pas dans le coin, car il faut parfois jouer des coudes. Mais si vous voulez voir des milliers de Sri-lankais de 7 à 77 ans escalader avec le sourire (un peu moins vers la fin) ces escaliers interminables, vous êtes au bon endroit.

Au sommet, après avoir présenté ses respects à l’empreinte de (inscrivez ici la divinité de votre choix), il convient de faire sonner une massive cloche, un coup par ascension réussie. Je l’ai donc fait résonner une unique fois. Mais j’ai pu voir certains mouvoir le battant une bonne cinquantaine de fois. L’affaire de toute une vie…

1 Comments

  1. Isabelle

    Magnifique.
    Une vraie foule effectivement !
    Il faut mériter son paradis : un peu de souffrance pour arriver au but.

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