Nouméa → Île des Pins – 3 h de ferry
Profitons d’un transfert pour commencer à nous intéresser à l’histoire de ce bout du monde.
Tout comme les Fidji voisines, ce sont les Austronésiens qui les premiers prennent pied sur la Grande Terre il y a environ 3 300 ans (date attestée par la découverte de fragments de poteries). Les Kanaks donc ? Eh bien non, et c’est ça qui est un peu amusant : la culture kanak n’apparaît qu’au moins 1 000 ans plus tard, suite à de nouvelles vagues migratoires, qui vont progressivement remplacer / assimiler la culture lapita initiale. Cela n’excuse en rien la colonisation blanche ultérieure évidemment, mais il faut parfois garder à l’esprit que ceux que l’on nomme « peuples premiers » sont en réalité rarement les premiers…
C’est James Cook qui « découvre » la Grande Terre en 1774, qu’il nomme New Caledonia en hommage à sa chère Grande-Bretagne (la Calédonie est le nom latin de l’Écosse). Par la suite, ce seront plutôt des Français qui s’intéresseront à la région, notamment La Pérouse, dont le bateau sombrera par la suite au Vanuatu. Aux scientifiques succèdent vite les opportunistes : baleiniers, santaliers (le bois était coupé exclusivement par les Kanaks, qui l’échangeaient en retour contre armes et breloques), peigneurs de plage (ceux qui ramassaient les concombres de mer pour les envoyer en Chine), et bien sûr missionnaires. Puis arriva le classique choc épidémiologique. Eh oui, il n’y a pas qu’en Amérique que le Blanc amena ses microbes : ceux-ci ravagèrent aussi le Pacifique. S’il est difficile de se faire une idée précise du nombre de Kanaks à la fin du XVIIIème, des études récentes ont montré qu’ils devaient être au moins un million. Possiblement plusieurs millions. En 1900, ils n’étaient plus que 27 000…
Au milieu du XIXème siècle, France et Angleterre sont les deux puissances coloniales dans la région Pacifique. Or en Nouvelle-Calédonie, ce sont pour une fois les Français qui font le premier mouvement, en 1853, prenant pour prétexte le massacre de quelques hommes dans le nord de Grande Terre, venus là en mission de reconnaissance pour l’installation d’un bagne. Ni une ni deux, Napoléon III envoie deux-trois navires de guerre prendre possession officielle de l’île. Nan mais. Nouméa (initialement Port-de-France) est fondée l’année suivante.
Commence alors l’histoire tourmentée de cette île lointaine, qui voit s’installer bagnards, déportés d’Algérie, pionniers, commerçants… Les Kanaks sont rapidement parqués dans des réserves, dont la superficie ira en s’amenuisant, à mesure que de nouveaux colons blancs débarquent. Ils sont aussi soumis à un « code de l’indigénat », avec globalement beaucoup de devoirs mais fort peu de droits. Il y a bien quelques révoltes, mais les Kanaks ne sont plus assez nombreux pour chasser tous ces colons, et surtout ces derniers se servent des rivalités entre les tribus pour mater les rebellions.
Puis arrive la Seconde Guerre Mondiale, qui va changer pas mal de choses.
Note : retour d’un réseau faiblard sans Wifi, vous aurez des photos de la sublime île des Pins demain !
La vie est un long fleuve tranquille ! !!!!
Parfois oui…